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Publié le 08/03/2019
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Fatima, la passion de la pomme bio

Fatima Tebib-Corpet est agricultrice dans l'Oise depuis plus de dix ans aux côtés de son mari Hubert. La spécialité de l'exploitation familiale : la pomme (bio, s'il vous plaît !).

Fatima Tebib-Corpet
55 ans
Saint-Thibault (60)

Le domaine de la Mottelette à Saint-Thibault compte aujourd'hui quelque 60 000 pommiers bio. 80 hectares d'arbres qui peuvent produire 1 500 tonnes de fruits chaque année. Des pommes à cidre ou à croquer, vendues comme telles ou préalablement transformées en cidre, en apéritif, en calvados du Pays de Bray, en jus de pommes, en vinaigre ou en confitures…

De Paris à Saint-Thibault

Plantation, entretien, récolte, transformation, commercialisation… Toute une vie ancrée dans le terroir des Hauts-de-France à laquelle Fatima n'était pas vraiment destinée : "je suis née et j'ai grandi en région parisienne, raconte l'agricultrice. J'ai travaillé 25 ans dans le monde de la pub ! Ça me plaisait beaucoup mais il est arrivé un moment où j'ai eu besoin d'air. Quand j'ai découvert l'Oise, ç'a été un vrai coup de cœur."

Un vrai pari pour la citadine : "quand je me suis partie pour devenir agricultrice, j'ai tout entendu... se souvient Fatima. On m'a dit que la campagne ce n'était pas pour moi, les gens m'ont vue comme "la Parisienne en tailleur" et ont cru que je ne tiendrais pas ! Personnellement, je pars du principe que c'est à la personne qui arrive de se faire apprécier et j'avais très envie de m'investir. Je suis convaincue que dans la vie, on peut tout faire si on s'en donne les moyens. La question de l'origine n'entre pas en ligne de compte, quand on aime son métier et qu'on le fait avec passion, on s'en sort toujours !"

Du bio, pour tous !

"Nous entendons partout qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour, bio de préférence, mais je sais que ce n'est pas évident pour toutes les familles !" explique Fatima. Pour que leurs fruits soient accessibles à tous, les Corpet vendent le kilo de pommes bio à 2,60 euros sur les marchés de producteurs locaux. "C'est du circuit court, pas d'intermédiaire, sourit Fatima. Mais surtout c'est de l'humain : à la campagne on se sent parfois un peu isolé, alors le marché, c'est aussi l'occasion de papoter et d'échanger. L'affectif y tient une grande place !"

Et pour sensibiliser à une alimentation saine et variée dès le plus jeune âge, Fatima fournit des restaurants scolaires (notamment des lycées de l’Oise dans le cadre de la politique régionale de circuits courts) et participe à l'opération "une pomme bio et locale à la récré" avec l'association Échanges pour une Terre solidaire : "je viens dans les écoles, de la maternelle au lycée, discuter équilibre alimentaire et agriculture biologique." À l'issue de son intervention, les écoles distribuent ses pommes à la récré pendant quelques semaines : "pour moi, la plus belle récompense c'est d'entendre "mais qu'est-ce-qu'elles sont bonnes tes pommes Fatima !""

Préparer demain

Fatima Tebib-Corpet est une passionnée et une militante de l'environnement et du savoir-faire traditionnel. "Le bio, c'est très contraignant, c'est vrai, mais il faut savoir : qu'est-ce qu'on veut laisser à nos petits-enfants ? Quand on a commencé la conversion au bio, il n'y avait rien dans la terre ! Aujourd'hui, il y a de la vie partout. On n'utilise plus de produits chimiques dans l'exploitation et l'écosystème se reconstitue : on a des mésanges, les prédateurs naturels des carpocapses (un papillon parasite), des coccinelles qui se nourrissent de pucerons, des buses de plus en plus nombreuses qui nous débarrassent des mulots, etc."

Pour transmettre ce qui compte pour elle aux plus jeunes, elle accueille des jeunes en stage et invite les élèves qu'elle rencontre à venir chez elle au moment de la cueillette des pommes. "C'est important de motiver les jeunes ! On a besoin d'agriculteurs, il ne faut pas qu'ils partent. En France, nous avons un tel savoir-faire, il ne faut pas le perdre !"

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