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Article publié le 08/10/2021
Mis à jour le 12/10/2021

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501, blues : les anciennes de Levi’s remontent sur scène

20 ans après la première représentation de 501, blues, les cinq anciennes ouvrières de l'usine Levi's de la Bassée remontent sur les planches avec ce spectacle culte.

12 mars 1999, à La Bassée dans le Nord, l'usine Levi's ferme ses portes, mettant 541 personnes au chômage. Patricia Hugot y était couturière depuis 20 ans : "Levi's, c'était l'usine que tout le monde espérait intégrer… C'était comme notre deuxième maison ! On ne pouvait pas imaginer qu'ils fermeraient complètement l'usine !". Les mois de lutte, la médiatisation et l'occupation de l'usine n'évitent pas la délocalisation… "La fermeture était prévue pour le mois d'avril. Les syndicats ont alors commencé une grève de la faim pour tenter de l'empêcher, mais au lieu de ça, on nous a appris le 12 mars qu'il nous faudrait reprendre toutes nos affaires, c'était notre dernier jour."

Raconter la vie d'usine

Commencent alors pour les anciennes, les convocations à l'Anpe, le processus de "reclassement" souvent difficile à vivre après toute une carrière effectuée à l'usine : "j'ai fait une formation en vente, se souvient Patricia, mais j'avais déjà 46 ans, je ne rentrais plus dans les critères pour décrocher un nouvel emploi dans cette branche…"
En parallèle, le combat mené par les ouvrières a touché Bruno Lajara, alors jeune metteur en scène parisien. Il cherche de la matière pour un futur spectacle. En lien avec l'ANPE, il vient à la rencontre de ces femmes et convainc 25 d'entre elles de participer à des ateliers d'écriture. Raconter l'usine, raconter le travail, raconter la lutte, témoigner de ce qui s'est passé. Alors que la fin des ateliers devait sonner la fin de la parenthèse, Bruno Lajara réalise que sa pièce ne pourrait être jouée que par les ouvrières elles-mêmes.

Parler pour toutes les autres

"En quelques mois, nous sommes devenues intermittentes du spectacle, raconte Patricia Hugot. Après avoir travaillé comme une automate pendant 27 ans, il a fallu apprendre des textes, s'habituer aux déplacements sur scène, et puis gérer le stress aussi… Le soir, j'étais épuisée !". Le 8 mars 2001, pour la première fois, les cinq anciennes ouvrières montent sur scène devant leurs anciennes collègues mais aussi devant tous les médias français venus à La Bassée pour l'occasion. Une grande pression pour les comédiennes : "On était cinq à parler pour 541, explique Patricia. Le plus important pour nous, c'était que les copines se reconnaissent dans nos textes, dans la pièce. On se demandait comment elles allaient le prendre, alors que beaucoup étaient encore dans la détresse… À la fin de la pièce, elles nous sont tombées dans les bras en disant, "c'est ça, c'est notre vie !". Ça nous a mises en confiance. À partir de là, on savait que notre parole était juste, on pouvait continuer."
C'est le début d'une grande tournée de plus de 4 ans, et d'un succès hors normes. 501 Blues sera joué plus de 80 fois, notamment au festival d'Avignon et même en Italie ! Une expérience qui a changé leur vie et participé à leur reconstruction.

20 ans après, "pour le plaisir"

Aujourd'hui en 2021, à l'invitation de Bruno Lajara, qui depuis cette époque a choisi de rester dans le Pas-de-Calais et a fondé la compagnie "L'Envol" qui vient en aide aux jeunes en décrochage scolaire, les cinq anciennes couturières remontent sur les planches ! Un vrai défi avec toujours la volonté de faire vivre la mémoire, de faire connaître aux jeunes (et aux moins jeunes) générations leur histoire. "Les circonstances sont différentes, estime Patricia. On a 20 ans de plus et on veut être à la hauteur. Mais il n'y a plus d'enjeu financier ou professionnel pour nous. On y retourne pour le plaisir, pour boucler la boucle aussi. On verra comment la pièce sera reçue, pour le moment, des dates sont prévues dans le Bassin minier et à Armentières, d'autres sont peut-être à venir. Pourquoi pas refaire le festival d'Avignon ? En tout cas, si ça redémarre, on sait déjà que nous sommes toutes partantes !"

Pour aller plus loin


Infos pratiques

Les premières dates annoncées :

Au Colisée de Lens :

  • Mardi 12 octobre 2021 – 14h30 scolaire
  • Mercredi 13 octobre 2021 – 20h00

Au Vivat d’Armentières :

  • Mardi 19 octobre 2021 – 20h

À l’Escapade d’Hénin-Beaumont :

  • Jeudi 28 avril 2022 – 20h00
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