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Article publié le 09/06/2021
Mis à jour le 11/06/2021

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Le 13 juin 1941, le « train des mineurs » conduisait 273 Gueules noires vers la mort

Le 13 juin 1941, le "train des mineurs"

Le 13 juin 1941, pour avoir fait grève et refusé de collaborer à la machine de production allemande, 273 mineurs de fond étaient déportés au camp de Sachsenhausen. 136 ne sont pas revenus.

Ils avaient refusé de se soumettre et de collaborer. Ce matin du 13 juin 1941, entassés dans un train aux wagons plombés, 273 mineurs de fond du Nord et du Pas-de-Calais sont emmenés par les Allemands à la citadelle de Huy, en Belgique puis, pour 244 d’entre eux, vers le camp de concentration de Sachsenhausen. Plus d’un sur deux, 136 exactement, n’en reviendront pas.

Ce convoi de la mort du 13 juin 1941 est connu dans l’histoire de la résistance et la mémoire ouvrière sous le nom de "train des mineurs". Souvent oubliée des manuels d’histoire ou des grandes commémorations officielles, cette page sinistre de l’occupation allemande dans notre région rappelle aussi la force de l’engagement, au prix de leurs vies, des mineurs de fond contre la soumission à l’occupant nazi.

Bloquer le charbon, carburant de la machine de guerre nazie

Pour alimenter sa machine de guerre, l’Allemagne en effet a besoin de charbon. De beaucoup de charbon. Depuis juin 1940, le Nord-Pas de Calais est directement administré par les Allemands depuis Bruxelles et, dès le mois de juillet, l’Allemagne exige de la direction des mines, à Lens, d’organiser la production de toutes les concessions à son profit exclusif. Docilement relayées par la direction, les exigences de l’occupant sont exorbitantes : augmentation de la production, quasi doublement des cadences de travail et baisse des salaires.

Malgré la guerre et la répression, les responsables et militants syndicaux du bassin minier, de même que les délégués des mineurs, sont toujours sur le terrain. Parallèlement, en amont, depuis l’été 1940, des élus communistes et des groupes militants œuvrent dans l’ombre depuis des mois pour organiser une grande grève des mineurs. Objectif :  bloquer l’outil de production et organiser une résistance populaire.

En quelques jours, 100 000 mineurs en grève dans le bassin minier

C’est un tout jeune syndicaliste de Montigny-en-Gohelle, Marcel Brûlé, qui la déclenchera. Le 27 mai 1941, à l’heure de l’embauche du matin, il fait stopper les compresseurs de la fosse du Dahomey, à Montigny. La plus grande grève de l’Europe occupée vient de commencer, rejointe en quelques jours par plus de 100 000 Gueules noires sur les 120 kilomètres du sillon minier, de Bruay-sur-l’Escaut à Bruay-en-Artois. Elle durera quinze jours et, rapidement, le charbon, et donc la production électrique, commence à manquer.

Implacable répression de l'armée allemande

En soutien aux mineurs, des ouvrières des filatures de Liévin et de Lens organisent de grandes manifestations. Dépassée par l’ampleur du mouvement dans les villes, la police française en appelle alors à l’armée allemande. Sa réponse sera terrible. Immédiatement, elle fait arrêter des centaines de mineurs dont les noms figurent tous sur la liste des grévistes du bassin minier.

Parmi eux, les 273 du train des mineurs de Sachsenhausen.

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