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Publié le 16/09/2019

Les Hauts-de-France et les Polonais : un siècle d’histoire partagée

Exposition au Louvre Lens, manifestations dans toute la région... Les Hauts-de-France célèbrent 100 ans d'histoire commune avec les Polonais, partie intégrante de notre identité régionale.

Gromacki, Wineskin, Roddick, Kargulewics alias "Kargu" et bien sûr Raymond Kopa…  Dans les années 50, l’équipe de France de football était polonaise comme jamais et presque tous ces joueurs de légende étaient nés en Hauts-de-France, dans le bassin minier.

Combien sont-ils aujourd’hui, ces fils, petits-fils et arrière-petits-fils d’ouvriers polonais, mineurs pour la plupart, venus massivement dans notre région dans les années 1920 pour travailler "au fond", quand le charbon représentait en France plus de 80 % de la production d’énergie ? Entre 300 000 et 500 000 selon les estimations des démographes !

Mais l’essentiel n’est pas là : en un siècle d’histoire commune, les Polonais et les Hauts-de-France ont noué un lien intime, irrigant de façon féconde la culture et l’identité de notre région.

Comme toujours dans l’histoire des migrations qui ont fait la France, tout part d’un besoin de main-d’œuvre. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec une population masculine décimée et la nécessité de reconstruire un pays dévasté, la France choisi de se tourner vers la Pologne pour recruter massivement des ouvriers en direction des mines, du bâtiment, et de l’agriculture.

100 ans d'histoire commune et partagée

Une convention historique est alors signée à Varsovie le 3 septembre 1919 entre les deux États, fixant le cadre et les règles de l’arrivée de dizaines de milliers de travailleurs polonais dans l’Hexagone. Si le contrat de travail proposé, pour une durée initiale d’un an, garantit bien un emploi à ces travailleurs polonais recrutés parmi les chômeurs et les paysans pauvres, il n’en précise en revanche ni le lieu, ni l’employeur, ni le secteur d’activité. Ceux-ci doivent en effet être décidés sur place en fonction des besoins du moment. De fait, plus de la moitié de ces travailleurs, acheminés par trains entiers affrétés par la France vers Toul ou par bateaux vers le port du Havre sont dirigés vers les mines de charbon des Hauts-de-France.

C’est ainsi, par le travail, que s’intègrent progressivement ces familles polonaises dans le bassin minier. La plupart vivent alors dans les corons. Jardiniers habiles, ils cultivent des choux dans leurs petits jardins potagers, aliments de base de la cuisine de leur pays. Les enfants sont scolarisés et la République en fait assez rapidement ses enfants. L’intégration est telle qu’une véritable communauté polonaise s’installe alors durablement dans la région.

Le choix de l'assimilation

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’immense majorité des familles fait le choix définitif de rester sur le sol français, optant pour l’assimilation dans la culture nationale et régionale, ce qui ne les empêche pas de cultiver leurs racines à travers une riche vie associative. Les mariages franco-polonais se multiplient, les noms ne sont plus aussi difficiles qu’avant à prononcer et de grandes gloires nationales issues de cette immigration, en particulier dans le sport, font la fierté de tous les Français.

Pour célébrer le centenaire de la convention de Varsovie et 100 ans d’histoire commune entre la Pologne et les Hauts-de-France, le musée du Louvre-Lens propose une grande rétrospective sur la peinture polonaise du 19e siècle en collaboration étroite avec le musée national de Varsovie.

De nombreuses associations culturelles organisent, elles aussi, des manifestations dans la région pour célébrer notre destin commun.

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