InnovaFeed : quand la start-up fait mouche !

La Région met en place un master plan de la bioéconomie. Objectif : faire des Hauts-de-France un leader européen de la bioéconomie, tout en créant des emplois durables.

La bioéconomie, c'est l'économie du vivant. Riche d’un extraordinaire tissu d’acteurs, de nombreux fleurons industriels, ainsi que d’un climat et d’une situation géographique propices, les Hauts-de-France possèdent énormément d'atouts. Et la bioéconomie y est un secteur important en termes d’emplois et de croissance économique.

La Région a adopté en séance plénière, le 25 septembre 2018, une feuille de route de la bioéconomie. Au cœur de cette ambition : répondre aux enjeux de la transition énergétique tout en assurant un véritable développement économique pour cette filière et limiter le réchauffement climatique.

Quatre grandes ambitions et 40 actions sont présentées dans ce plan stratégique. A l’initiative de la Région, elles sont le fruit des réflexions des acteurs régionaux – chercheurs, porteurs de projets, exploitants agricoles et industriels – portées lors des premières Assises de la bioéconomie organisées par la Région en avril 2018.

Trois ambitions à l'horizon 2025

Dans ce "master plan", la Région se fixe trois ambitions à l'échéance 2025 :

  • Faire des Hauts-de-France le leader européen des protéines : protéines végétales (blé, pois, colza ou lin), autres (insectes, micro algues) et protéines laitières.

Pour y arriver, chaque maillon de la chaîne de production doit réussir à marier équilibre économique, création d'emplois régionaux, réponse aux demandes des consommateurs et respect de la ressource naturelle.
Dans la production de nouvelles protéines, citons deux exemples concrets d'implantation d'entreprises dans la région. :

  1. InnovaFeed qui développe la production de farines d’insectes à destination des élevages piscicoles et qui a implanté son premier site industriel à Gouzeaucourt (59), dans le Cambresis
  2. Ynsect qui élève des insectes pour l’alimentation animale et qui a choisi Amiens pour implanter son unité industrielle et créera à terme près de 100 emplois.
  • Structurer et mettre en place durablement une filière de matériaux biosourcés en Hauts-de-France

Notamment, en fédérant acteurs des filières agricole et halieutique, ceux de la filière du BTP et de la filière transport, maîtres d'ouvrage publics et privés. La Région se veut également exemplaire dans le recours aux biomatériaux, notamment en ce qui concerne la rénovation énergétique de son propre patrimoine public (lycées, logements de fonctions, grands projets).

  • Favoriser une bio production axée sur les molécules d'intérêt de demain

C'est-à-dire, produire des molécules équivalentes à celles provenant du pétrole mais aussi de nouvelles par d’autres voies, notamment à partir de procédés utilisant des êtres vivants (levures, bactéries), les biotechnologies. Ces molécules d'intérêt industriel, aussi bien d'origine végétale, qu’animale ou issues de micro-organismes sont de précieuses ressources aux applications infinies, notamment dans les secteurs de la nutrition, de la santé ou de la cosmétique.


Définition de la bioéconomie

La bioéconomie est un nouveau pan de l'économie mondiale, qui a pour but de remplacer les énergies fossiles (énergies produites par la combustion du charbon, du pétrole) par des énergies dites "vertes".

"Agriculture, forêt, agroalimentaire, chimie du végétal... la bioéconomie est à la croisée de plusieurs secteurs d'activité qui traitent la biomasse. Innovante et verte, elle englobe l'ensemble des activités de production et de transformation de la biomasse qu'elle soit forestière, agricole, et aquacole à des fins de production alimentaire, d'alimentation animale, de matériaux biosourcés, d'énergie." - Ministère de l'agriculture et de l'alimentation

"La Bioéconomie englobe l’ensemble des activités de production et de transformation de la biomasse, qu’elle soit d’origine agricole, forestière ou aquacole, à des fins de production alimentaires (humaines ou animales), de chimie et matériaux biosourcés et d’énergie. Une des pierres angulaires de la bioéconomie sont les bioraffineries territorialisées qui utilisent les bioressources locales comme matière première et les valorise de manière complémentaire et circulaire pour développer de nombreux produits alimentaires, industrielles et énergétiques." - IAR, le Pôle de la bioéconomie Industrie

Plusieurs activités

La bioéconomie regroupe plusieurs activités :

  • la production de bioressources, issues des ressources végétales et animales. Secteurs concernés : l'agriculture, la sylviculture, l'aquaculture, la pêche.
  • la transformation de produits biosourcés, produits fabriqués à partir de sources végétales ou animales pour d'autres usages (biomatériaux à base de chanvre ou de bois, chimie du végétal pour la production de plastiques, de fibres textiles, de peintures)
  • la valorisation des déchets organiques (compostage, utilisation des effluents issus de l'élevage
  • l'émergence des bioénergies, par l'utilisation de l'énergie stockée dans la biomasse (bois, méthanisation)

Protéines végétales : les Hauts-de-France misent sur IMPROVE

L’objectif de l'Institut Mutualisé pour les Protéines Végétales (IMPROVE) : développer les applications des protéines issues de cultures françaises et européennes pour l’alimentation humaine et animale, mais aussi pour de nouvelles utilisations, comme les matériaux, les cosmétiques...

Des steaks, du lait ou encore des yaourts à base de soja, nous connaissons. Mais l’utilisation des protéines végétales dans l’alimentaire et le non-alimentaire n’a pas fini de nous étonner ! Avec neuf milliards d’humains prévus en 2050 (contre sept aujourd’hui), elle constitue un enjeu majeur. Les Hauts-de-France, qui veulent compter dans le pilotage de projets utiles pour l'avenir de la planète, ont donc fait le choix de miser, depuis 2013, sur IMPROVE.

Pionnier à l'échelle européenne

Qui croirait que Dury, à proximité directe d'Amiens, héberge un tel joyau ? IMPROVE est la première plateforme européenne de recherche et développement totalement dédiée à la valorisation des protéines du futur et appelée à développer de nouvelles applications industrielles dans le domaine des agro-ressources. Labellisé plateforme mutualisée d’innovation (PFMI), IMPROVE repose sur un partenariat public-privé rassemblant des structures académiques, financières et industrielles.

"Nous étudions toutes les protéines, qu’elles proviennent de blé, maïs, colza, pois, féverole, lupin, luzerne ou encore pomme de terre, dévoile Denis Chereau, directeur général d’Improve. Chacune dispose de caractéristiques particulières. Certaines apportent des fonctions structurantes dans les pâtisseries-viennoiseries, d’autres servent d’agents émulsifiants dans les mayonnaises, par exemple. Globalement, elles pourront compléter les apports en protéines animales. Ces dernières représentent 60 à 70 % de nos apports protéiques, alors que les nutritionnistes en recommandent 50 %."

Les débouchés s’avèrent aussi importants pour l’alimentation animale, notamment pour les jeunes animaux qui ont besoin d'une alimentation très concentrée en protéines. En aquaculture, elles pourront remplacer la farine de poissons, devenue rare avec l’épuisement des fonds marins. Mais elles entreront également dans de nouveaux matériaux comme les résines ou composites, les bioplastiques et peintures. Sans oublier les cosmétiques ! "Nous produisons déjà du «caoutchouc» à base de gluten !" se réjouit l’expert.

IMPROVE, un réseau de partenaires

Pour mener à bien ses projets de recherche, IMPROVE est associé à quatre grands acteurs français de la transformation agricole :

Des acteurs de la recherche et du transfert pour la valorisation des végétaux sont également partenaires : l'Inra, l'Université de Picardie Jules Verne, Extractis. S'inscrivant dans une logique de bioraffinerie et soutenu par le pôle IAR, Improve vient ainsi compléter l'Institut d'excellence Pivert à Compiègne, dont les axes de recherche portent notamment sur les oléagineux et les lipides.


Bioéconomie et chimie du végétal : quels métiers ?

A la demande du Pôle Industries & Agro-Ressources (IAR) et de l’Union des industries chimiques (UIC) Picardie Champagne-Ardenne, l’APEC a réalisé une étude sur les nouveaux métiers liés à la chimie du végétal et aux bio-raffineries. Quelles sont les formations et les compétences requises pour accéder à ces métiers ?

La bioéconomie fédère de nombreuses filières, dont la chimie du végétal. Cette chimie, "verte", "vise la production de produits ou de substances chimiques de tout type en partant de biomasse végétale". Cette filière représente l’avenir du développement industriel des Hauts-de-Francer.

Dans son étude, réalisée avec le concours de 76 interlocuteurs différents issus de 52 structures, l’APEC a donc réalisé :

  • un diagnostic stratégique du positionnement actuel de la filière et de ses mutations. Les défis que doit relever actuellement la chimie du végétal sont nombreux : production durable de nouveaux produits à prix compétitifs, nécessité de développer une dynamique d’innovation et de R&D, optimisation de la production de biomasse, etc.
  • une définition précise des compétences spécifiques pour construire et renforcer ce secteur. Pour gagner en compétitivité, la chimie du végétal a besoin d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et spécialement dédiée à la dynamisation de la filière
  • une cartographie des métiers liés aux bioraffineries.

Métiers hautement stratégiques

32 métiers liés aux bioraffineries et à la chimie verte ont été mis en avant dans cette étude. Démonstration en 5 exemples.

  • Ingénieur matériaux biosourcés

Expert en propriétés des matériaux, il analyse la pertinence technique et économique de leur utilisation. Il aide à la conception des produits par le choix optimisé de chaque matériau à utiliser.

  • Conseiller agro-ressources

Également appelé "Consultant en valorisation de la production" ou "Conseiller agricole", il œuvre à l’optimisation des systèmes de production agricole, en travaillant directement auprès des agriculteurs. Dans cette perspective, il les aide à développer des moyens pour améliorer la qualité et la quantité de leurs productions.

  • Responsable logistique matières premières végétales

Il coordonne la gestion des flux de matières premières végétales au sein des sites industriels, et ce depuis l’approvisionnement chez l’agriculteur. Il supervise le stockage des matières premières.

  • Ingénieur bioprocédés

Il développe, modélise, dimensionne de nouveaux procédés et participe à leur optimisation.

  • Ingénieur méthanisation

Il travaille à la valorisation des déchets organiques d’origine agricole et/ou industrielle. Son but est de concevoir des installations dédiées à la transformation de ces déchets en biogaz et de réaliser en amont un ensemble de diagnostics techniques et d’études de faisabilité.

 


InnovaFeed : quand la start-up fait mouche !

C'est une première mondiale : InnovaFeed, déjà implantée à Gouzeaucourt (59), a annoncé la création d'une ferme industrielle de production d'insectes, les "Hermetia Illucens", à Nesle (80). 110 emplois y seront créés d'ici 2021.

C'est un petit insecte, de la famille des diptères, qui fait pousser les ailes d'une start-up qui connaît une croissance record. La mouche soldat (Hermetia Illucens), dotée d'un appétit vorace pour les déchets organiques et très riche en protéines, fait aujourd'hui le bonheur d'InnovaFeed. Cette start-up, qui a commencé son envolée en Hauts-de-France, pourra bientôt s'appuyer sur deux sites de production : une première implantation pilote - high tech et déjà en activité - à Gouzeaucourt (59) et une future unité industrielle, à Nesle. Le cœur d'activité de l'entreprise : la production de farines protéinées à base de larves de ces Hermetia Illucens. Des farines ensuite destinées à l'alimentation des élevages de truites et de saumons.

"L’émergence de cette nouvelle source de protéines, développée par InnovaFeed, correspond naturellement aux besoins des poissons d’élevage et à la demande croissante de matières premières naturelles, saines et compétitives, avance Clément Ray, président et co-fondateur d'InnovaFeed. L'implantation de notre unité industrielle, à cette échelle, est une première dans le monde. Nous sommes fiers d'innover en Hauts-de-France, avec le soutien de la Région qui nous accompagne depuis le début de nos recherches."

Les protéines, prochain défi de l'humanité

À l'horizon 2050, le monde va devoir relever un défi de taille : nourrir 9 milliards d'habitants. Avec les ressources qui viendront naturellement à manquer et des habitudes de consommation à adapter, des alternatives devront être développées. La production de protéines animales, prélevées depuis les larves des Hermetia Illucens, est l'une d'entre elles. Pourquoi ? "L’aquaculture a connu ces dernières années une croissance fulgurante. Aujourd’hui, la moitié des poissons consommés dans le monde sont issus de l’aquaculture. Pour poursuivre cette croissance et répondre aux besoins de tous, le secteur a besoin de nouvelles sources de protéines performantes et compétitives, continue Clément Ray. C’est ainsi qu’a germé l’idée de développer la protéine d’insecte pour participer à l’essor d’une aquaculture prospère, de qualité et respectueuse de l’environnement."

Concrètement, quelle est la "recette" d'InnovaFeed ? L'entreprise élèvera à Nesle des milliards de larves de Hermetia Illucens, avant de les transformer en farines, en huiles. "Chaque jour, dans les cours d'eau, les rivières, des milliers de saumons et truites se nourrissent de ces insectes, continue Clément Ray. Nous ne faisons que reproduire un schéma naturel, efficace et qui a fait ses preuves." C'est tout le principe de la bioéconomie, boostée par la Région qui accompagne les entreprises du secteur dans leur développement : s'inspirer de la nature pour trouver des solutions d'avenir à des problématiques du présent.

Partenariat stratégique avec Tereos

Où élever les Hermetia Illucens, nourrir les larves et utiliser les déchets organiques des insectes ? Réponse d'InnovaFeed : en Hauts-de-France. Plus particulièrement à Nesle (80), à quelques mètres du site du géant mondial de l'industrie agroalimentaire Tereos. "Notre partenariat avec Tereos repose sur la circularité, précise Clément Ray. Le groupe sucrier nous fournit la ressource végétale nécessaire à l'élevage des larves et au développement de notre activité, avance Clément Ray. De son côté, InnovaFeed fournira les déchets organiques de ses insectes qui seront utilisés comme amendement naturel pour l’agriculture biologique locale."

"La naissance de cette collaboration repose sur la convergence de nos expertises et visions d’avenir, confirme Yves Belegaud, directeur général Europe du groupe Tereos. Pour Tereos – acteur majeur sur le marché des protéines végétales au niveau mondial – cette installation reflète son statut de partenaire privilégié dans le développement de filières innovantes."

Ce partenariat, inédit, va permettre à InnovaFeed de continuer sa mue et d'accélérer sa croissance. La jeune pousse, élue start-up de l'année 2018 pour le Nord de la France, a déjà annoncé la création de 110 emplois en Hauts-de-France d'ici 2021.


Extractis, les experts de la biomasse

Référence française dans le domaine de la chimie verte, Extractis ambitionne de devenir, avec le soutien de la Région, le numéro un européen.

"La valorisation du gisement agricole est la clé du développement." Prononcée en 1981, la conviction du professeur Daniel Thomas, une des figures internationales des biotechnologies, est toujours d’actualité. Philippe de Braeckelaer, le directeur général adjoint d'Extractis, s’en souvient : "À l’époque, le productivisme était la règle et la conscience environnementale peu développée. Il fallait être gonflé pour appeler à la création d’un centre technique valorisant l’ensemble des biomasses végétales."

34 ans après son lancement, en 1984, Extractis (ex-CVG, pour Centre de valorisation des glucides) - soutenu notamment par la Région et l’Union européenne - s’affirme plus que jamais comme une vitrine technologique et un centre de solutions incontournables pour les industriels qui souhaitent innover dans les produits biosourcés.

"Notre métier, indique Philippe de Braeckelaer, ne consiste pas à faire de la recherche fondamentale, mais à transformer une idée en produit, c’est-à-dire concevoir et développer des produits innovants dans le respect d’un cahier des charges technique et d’un positionnement marketing. Nos clients, de la très petite entreprise au grand groupe en passant par la start-up, veulent savoir si leurs produits sont fiables aussi bien d’un point de vue technique que commercial. Notre grande force est de leur délivrer un procédé validé économiquement. Aux clients ensuite de mettre en place le processus de production et la mise sur le marché de l’innovation."

Technologies de "rupture"

Destiné au départ aux valorisations des productions régionales, Extractis a rapidement vu son activité s’étendre aux autres ressources agricoles dans tous les domaines, alimentaire, cosmétique ou nutraceutique. "À partir de 2005, la création du pôle de compétitivité IAR - Industries et agroressources - nous a permis de déployer une stratégie de recherche et de développement autour de la chimie verte, plus respectueuse de l’environnement."

Pour répondre à la demande des industriels, le centre technique a ainsi étoffé son équipe de docteurs en chimie et réalisé des investissements importants sur les nouvelles technologies dites de "rupture" : atelier d’extrusion réactive, utilisation des ultrasons ou atelier d’hémisynthèse.

En clair : cet institut technique agro-industriel met au point - pour des groupes industriels ou des entreprises spécialisées à la recherche de solutions innovantes - des produits et des procédés écologiques en remplacement des dérivés du pétrole. Le fruit de ses recherches, menées en partenariat avec des unités d’enseignement supérieur, se révèlent très utiles dans divers secteurs :

  • la cosmétique
  • les biomatériaux
  • la cosmétique
  • la bioénergie...

"La recherche d’alternatives aux molécules d’origine fossile est devenue incontournable", note Philippe de Braeckelaer. Le végétal est désormais appelé à prendre sa place à côté de la pétrochimie et, par conséquent, dans la multitude de produits dérivés du pétrole : matières plastiques, solvants, résine, fibres synthétiques, détergents ou cosmétiques. En partenariat avec les instituts d’excellence Pivert et IMPROVE, nos efforts porteront sur la valorisation de l’ensemble des composants de la plante."


Tereos, un géant du sucre engagé dans la chimie du végétal

Tereos est un moteur de l’économie des Hauts-de-France. Géant de l'industrie agroalimentaire, le groupe figure aujourd’hui au 3e rang mondial des producteurs de sucre. Pour s'imposer, Tereos a su aussi s'imposer sur d'autres marchés, comme la production de bioéthanol ou à la production d’énergie électrique.

Napoléon Ier a marqué de son empreinte l’Histoire de France, y compris son histoire industrielle. Sans le blocus des îles britanniques imposé par l’Empereur, la culture de la betterave - et dans son sillage l’industrie agroalimentaire - n’aurait pu connaître un tel essor.

Symbole de l'héritage : Tereos. Le groupe s’est lentement constitué à partir de la sucrerie d’Origny-Sainte-Benoite, dans l’Aisne (02). Sous l’impulsion de la famille Duval, l’entreprise n’a cessé de se consolider et de se diversifier. Aujourd'hui, petite entreprise est devenue géante et se donne de nouveaux défis.

Leader et novateur

"Outre ses spécialités liées au sucre, Tereos s’est imposé comme un acteur mondial de la production de bioéthanol ou de coproduits destinés à l’alimentation animale et à la production d’énergie électrique ", indique un porte-parole du groupe.

Fédérant plusieurs milliers coopérateurs dans le monde, Tereos mène une politique d’innovation offensive afin de mieux valoriser les matières premières et coproduits utilisés, mais aussi de diversifier leurs débouchés.

Aujourd’hui, les projets étudiés sont centrés sur trois thèmes principaux :

  • la valorisation énergétique des coproduits de la betterave
  • les procédés et produits nouveaux
  • l’extraction de molécules à haute valeur ajoutée, notamment de la bétaïne d’origine naturelle

Dynamiser la recherche et le développement

Pour mener à bien sa stratégie industrielle innovante, le groupe Tereos participe à de nombreux projets de recherche pré-compétitifs.

  • IMPROVE

Membre actif du pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources, Tereos a été à l’origine, en 2011, de la plateforme IMPROVE (Institut Mutualisé pour les PROtéines Végétales) basée à Dury, dans la Somme.

Les industriels (Tereos, Siclaé, Sofiprotéol, In Vivo) et les établissements de recherche (INRA, UPJV, ou Extractis) partenaires du projet, ont pu bénéficier d’un important soutien financier dans le cadre des investissements d’avenir. Des sommes à la hauteur des enjeux de recherche : cette plateforme constitue un centre de compétences unique, dédié à l’extraction, la transformation et la valorisation des protéines végétales.

  • Futurol

Le groupe Tereos est impliqué dans le cadre du projet Futurol, qui vise à développer un procédé de production de bioéthanol de deuxième génération à partir de biomasse, aux côtés de 11 acteurs majeurs du domaine.

  • Probio 3

L’objectif de ce projet : la production par voie fermentaire d’huiles pouvant être utilisées pour la production biokérosène pour l'aéronatique.


Ynsect fait le choix des Hauts-de-France pour sa ferme d’insectes

Une ferme usine d'insectes, avec plus de 20 000 tonnes de larves de coléoptère destinées à l’alimentation animale produites chaque année, verra bientôt le jour dans la périphérie d'Amiens. A à la clé, une centaine d’emplois pour cette activité innovante et en plein développement.

Petites, mais bourrées de protéines. Principalement destinées à l’alimentation des animaux domestiques et d’élevage, les larves du coléoptère molitor sont particulièrement riches. C’est dans la production de cet ingrédient de haute qualité nutritionnelle qu'Ynsect s’est spécialisée depuis sa création, en 2011.

Nouvelle étape dans la vie de la jeune pousse : après avoir réalisé une troisième levée de fonds, elle fait désormais le choix des Hauts-de-France pour implanter sa première unité de production industrielle. Plus de 20 000 tonnes de ces précieux insectes seront ainsi produits chaque année sur des colonnes verticales, sur une superficie d'environ 18 hectares .

Alimentation animale, poissons d’élevage et chimie verte

Si les principaux débouchés de ces protéines restent l’alimentation des animaux, des poissons d’élevage et les engrais, d’autres marchés pourraient s’ouvrir à moyen terme. Levier de développement potentiel :  la chimie verte, notamment.

"La construction démarrera l’année prochaine. La Métropole, le Département, la Région et la CCI ont fait preuve d’un dynamisme, d’une réactivité et d’une complémentarité sans égal, facilitant ainsi notre implantation au cœur de la première zone agricole d’Europe", explique Antoine Hubert, président d’Ynsect.

Une centaine d'emplois à la clé

Dès l’ouverture du site, une soixantaine d’emplois seront créés. L'objectif, à moyen terme : passer le cap des 100 emplois, en fonction du développement de l’exploitation. L’implantation de cette ferme baptisée Ÿnfarm pourrait ainsi permettre à Ÿnsect de renforcer  son ambition de devenir un leader mondial de la fourniture d’ingrédients premium pour une nutrition animale et végétale naturelle.

Ce projet d'implantation, innovant et porteur d’emplois, est soutenu par la Région.


Lefrant-Rubco : une PME qui exporte la chimie des Hauts-de-France

Connue mondialement pour sa production d’additifs pour caoutchouc, Lefrant-Rubco développe aussi une activité de travail à façon pour l’industrie chimique.

Muille-Villette (80), près de Ham. Lefrant-Rubco est une vieille dame de l’industrie des Hauts-de-France. À l’origine, en 1898, elle produisait de l’huile végétale destinée à l’éclairage. Après-guerre, elle se lance dans les factices et demeure aujourd’hui la seule entreprise française sur ce secteur.

"Cette activité demande un grand savoir-faire, proche de l’artisanat, explique Thierry Geistel, le directeur. Elle nécessite une formation “maison” spécifique. Nous utilisons différentes huiles, dont celle de colza produite localement, mais aussi de l’huile de soja, ricin ou lin." Chaque formulation s’adapte aux demandes des clients avec des huiles, des températures et des temps de cuisson particuliers.

On ne le sait pas mais il y a un peu de Lefrant-Rubco dans bon nombre de produits que nous utilisons au quotidien. On les retrouve en effet dans les gommes à effacer, les bottes en caoutchouc ou encore les journaux. Leur point commun ? Tous ont utilisé, lors de leur fabrication, des factices dont une grande partie provient de l’usine de Ham. Il s’agit d’additifs pour le caoutchouc, conçus à partir d’huile végétale. Concrètement, un apport de soufre permet à l’huile de se solidifier.

"Les factices s’utilisent beaucoup en mélange et apportent aux matériaux des propriétés bénéfiques. Comme une meilleure résistance au vieillissement, ou encore l’assurance d’une surface complètement plane. Une propriété particulièrement appréciée pour les rouleaux d’impression de journaux", précise Thierry Geistel.

La PME exporte 90 % des 1 000 tonnes de factices produites. "L’Asie apprécie le caractère biosourcé (issu de produits naturels renouvelables) de nos factices". Mais les USA ou l’Europe aussi. Et l’entreprise travaille toujours sur de nouveaux projets.

Remplacer le bisphénol A

Les factices représentent la moitié du chiffre d’affaires de 4,2 millions d’euros. La chimie à façon l’autre moitié. La firme dispose de 20 réacteurs, grosses cuves de mélanges chauffées, de 3 à 52 m3. Elle fabrique des produits destinés aux lessives, émulsifiant de parfum, colles pour isolant thermique, lubrifiants et même engrais foliaire."

Sa force : la réactivité. Les clients stockent les matières premières, les emballages et étiquettes chez Lefrant-Rubco. "L’engagement des salariés pour honorer les commandes dans les délais fait la réussite de l’entreprise". Pour cette entreprise plus que centenaire, sa capacité à innover constamment reste un véritable atout.

Son dernier challenge : participer au consortium d’innovation pour trouver des produits de substitution au bisphénol A. L’équipe Recherche et développement expérimente pour remplacer ce produit controversé. Elle étudiera l’emploi d’écorce de pin et les possibilités d’industrialisation, en collaboration avec des écoles de chimie, l’Inra (Institut national de recherche agronomique) ou encore des exploitants forestiers et les agroindustries.


Poireau, ail, oignon… les huiles essentielles « made in » Hauts-de-France !

La Région soutient le projet de diversification de l'entreprise Ferrant PHE, leader européen de fabrication d'huiles essentielles et concentrés de poireaux et apparentés.

On ne le devine pas forcément, mais produire de l'huile essentielle de poireau, d'oignon ou d'ail, destinée aux marchés de l'alimentaire ou de la parfumerie, c'est tendance ! À Rodelinghem (62), dans l'arrière-pays calaisien, Patrice Ferrant en est convaincu.

Un acteur fier de sa région

L'entreprise de Patrice Ferrant entend bien étendre son marché. Dans son corps de ferme, qu'il a progressivement aménagé lui-même, on trouve toutes les étapes de son activité : de la culture des légumes dans les champs à leur transformation en huiles essentielles et autres concentrés, le tout passant par différentes machines "home made".

Héritier d'une lignée d'agriculteurs, l'homme est attaché à son terroir. "On pourrait produire moins cher ailleurs, mais mon territoire c'est ici".

Économie circulaire optimisée

Chez Ferrant, rien ne se perd : "nous cherchons à optimiser nos circuits". Ainsi, l'eau utilisée pour la composition des huiles ou pour l'alimentation des réseaux de cuisson/refroidissement provient notamment de la récupération d'eau de pluie et elle est réinjectée dans le système.

Autres exemples : le bois servant à chauffer les cuves provient notamment de la taille des bois et haies alentours, tandis que la drêche (résidus des légumes) est transformée en protéines végétales pour l'alimentation animale. La stratégie d'optimisation menée par l'entreprise permet à la fois de réduire les coûts mais aussi de cultiver, depuis maintenant vingt ans, une réputation de qualité.

"Dans notre domaine, nous sommes reconnus auprès de nos partenaires, confirme Patrice Ferrant. On maîtrise nos 'process', on a maintenant une grosse expertise. On vend une traçabilité tout au long de la chaîne de fabrication et on tient à préserver ça". Sécuriser la matière première pour sécuriser la qualité du produit fini : voilà qui explique le succès de l'entreprise.

Fournir la planète en arômes alimentaires et composés de parfum

L'entreprise exporte dans le monde entier : en Australie, en Argentine, en Asie, aux États-Unis ou encore en Afrique du Sud. 80 % part d'ailleurs à l'export. Ses huiles et concentrés se destinent majoritairement aux marchés de l'alimentation (arômes introduits dans les soupes, les croûtons, les plats préparés, les chips…) mais aussi à ceux de la parfumerie avec les huiles de thuyas, de cyprès ou d'angélique graine.

Les chiffres parlent pour l'entreprise :

  • 130 hectares de surfaces distillées
  • 2 000 tonnes par an de poireaux produits (dont les huiles représentent 80 % du volume mondial)
  • 400 tonnes d'ail
  • des huiles d'oignon, d'échalote ou encore de ciboulette (Ferrant est la seule au monde à en proposer)
  • 9 salariés et un chiffre d'affaires d'un million d'euros.

Développement de la production en ail

Depuis 2016, l'entreprise exploite aussi le filon des huiles essentielles d'ail. C'est Adrien, titulaire notamment d'un double Master en agro-alimentaire et en gestion d'entreprise, et fils de Patrice, qui en a la charge. "C'est un segment où les clients veulent du "vrai", pas du synthétique qui vient de Chine, et sur lequel c'est potentiellement rentable pour nous". Mais, pour passer de 500 à 2 000 tonnes de production d'ail par an, une extension est nécessaire. "Nos capacités de distillation arrivent à saturation". L'entreprise va donc prochainement investir pour pouvoir produire davantage et, ainsi, conforter sa place sur le segment mondial de fabrication d'huiles essentielles naturelles.

La Région soutient pleinement les dynamiques alliant développement économique sur le territoire, innovation et économie circulaire. Elle accompagne le projet de l'entreprise Ferrant à travers le FRATRI (Fonds régional d'amplification de la Troisième révolution industrielle).

Plus d'informations.


Root Lines Technology : nos navets ont de l’avenir

Root Lines Technology, une startup amiénoise, fabrique des protéines humaines thérapeutiques à base de racine de navets. Une spécialité que seules trois entreprises dans le monde se disputent.

Au début de l’histoire de Root Lines Technology, il y a une découverte scientifique, en 2010. Un laboratoire de l’université de Picardie Jules Verne met en évidence une propriété, jusqu’ici inconnue, des racines du navet. Selon la Professeure Michèle Boitel, dont les travaux sont soutenus par la Région, une partie de ces racines a l’étonnante capacité de produire des protéines... humaines !

Soutenue depuis le départ par la Région

Après le dépôt d'un premier brevet, une start-up voit le jour en 2011 à Amiens pour exploiter le filon. Avec l’appui de Picardie Investissement, société de capital-risque créée par la Région, Root Lines Technolgy obtient alors ses premiers financements. Suivra, en 2016, une nouvelle levée de fonds à hauteur de 2 millions d’euros.

L'industrie pharmaceutique fortement intéressée

Aujourd’hui, la start-up est l'une des trois seules entreprises au monde à fabriquer des protéines humaines à partir du végétal. L'intérêt est de pouvoir concevoir des médicaments destinés au traitement de maladies rares.

"Nous utilisons les petites racines qui émergent de la plante, dans lesquelles nous intégrons un gène codant pour la protéine humaine à produire, dont la particularité est de pouvoir se développer dans des milieux confinés et stériles", explique Marina Guillet, dirigeante de Root Lines Technology.

Forte de ses nouveaux financements, l’entreprise a pu recruter plus tôt que prévu une personne dédiée au "business development" et devrait nouer ses premiers partenariats industriels d’ici fin 2017.  Plusieurs entreprises pharmaceutiques se montrent déjà fortement intéressées.

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