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Publié le 06/03/2019
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Marguerite Yourcenar : du Mont noir à la Coupole

C'est non loin de Bailleul, au cœur du Mont des Flandres, que Marguerite Yourenar a passé son enfance et forgé son caractère. En 1980, ce génie de la littérature devient la première femme à entrer à l'Académie française, bastion jusqu'ici réservé aux hommes depuis quatre siècles.

Première femme à entrer à l’Académie française le 6 mars 1980, bastion jusqu’ici réservé aux hommes depuis près de quatre siècles, Marguerite Yourcenar est une femme du Nord. "Des Flandres..." précisait-elle souvent. Née à Bruxelles (Belgique), c’est en effet à Lille qu’elle passe toute son enfance. Chaque été, avec son père, elle rejoint pour les vacances le cœur du Mont des Flandres, non loin de Bailleul, où se trouve la belle demeure familiale du Mont-Noir, construite par son grand-père.

Un lien très fort avec le Nord

Connue aujourd’hui sous le nom de Villa Yourcenar, la maison de l'auteure abrite depuis 1997 un musée et un Centre de résidence d’écrivains européens de rayonnement international. Un lien très fort unit ainsi, encore aujourd’hui, Marguerite Cleenewerck de Crayencour (dont le pseudonyme Yourcenar n’est autre que l’anagramme) à notre région.

"Les plus forts souvenirs sont ceux du Mont-Noir parce que j’ai appris là à aimer tout ce que j’aime encore : l’herbe et les fleurs sauvages mêlées à l’herbe; les vergers, les arbres…" expliquait-t-elle lorsqu’elle évoquait son enfance.

Fraternité universelle

Femme libre, écrivaine de génie,  l’auteure des "Mémoires d’Hadrien" et de "L’œuvre au noir " n’était contrairement à une idée reçue ni militante, ni féministe. Et si elle fut bien la première femme, non sans fierté, à pénétrer le bastion masculin de l’Académie, "c’est parce qu’il en fallait bien une" expliquait-elle. Défenseuse d’une "fraternité universelle" , c’est en tant qu’écrivain, au nom de la littérature plus qu’en qualité de femme qu’elle concevait sa place sous la coupole parmi  les "Immortels".

Son discours d’entrée à l’Académie, en appelant à Madame de Staël, à Colette ou Georges Sand ne laisse planer aucun doute : "on ne peut prétendre que dans cette société française si imprégnée d’influences féminines, l’Académie ait été particulièrement misogyne ; elle s’est simplement conformée aux usages qui volontiers plaçaient la femme sur un piédestal, mais ne permettaient pas encore de lui avancer officiellement un fauteuil", déclarait-elle sous la coupole.

Morte aux États-Unis, sa seconde patrie, le 17 décembre 1987, Marguerite Yourcenar, emporta avec elle ses souvenirs d’enfance du Mont-Noir. Elle aura ainsi consacré sa vie à la littérature, à la passion de vivre, et à la liberté.

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