Publié le 27/10/2015

Patrimoine

Sortir, bouger, découvrir

La région Hauts-de-France fourmille de belles idées, d'endroits charmants et captivants, à découvrir le temps d'une fugue champêtre ou d'un week-end improvisé.

Une région de cathédrales et de beffrois

Érigées entre les XIIe et XVIe siècles, les cathédrales gothiques reflètent la croissance économique et démographique de la région ainsi que le savoir-faire des hommes qui suscitèrent leur construction. On n’en compte pas moins de six sur notre territoire  : à Amiens , Beauvais, Laon, Noyon, Soissons et Senlis.
Pas de cathédrale gothique sur le territoire du Nord-Pas de Calais, mais on signalera la cathédrale néo-gothique Notre-Dame de la Treille à Lille, dont le portail contemporain démontre un souci de continuité de l'art gothique. Le nord de la région Nord Pas de Calais – Picardie se distingue plutôt par ses beffrois. Symbolisant l'histoire et l'importance de leurs communes, on en trouve notamment à Dunkerque, Douai, Lille, Arras, Boulogne-sur-Mer, Calais, Béthune, Hesdin, Cambrai, Bergues etc. La partie picarde de la région n’est toutefois pas en reste avec des beffrois présents dans la Somme, à Amiens , Abbeville, Doullens, Lucheux, Saint-Riquier et Rue.

Voir le site beffrois.com pour une liste exhaustive.

Une région de musées

Avec l’arrivée du Louvre à Lens, de l’Institut du Monde Arabe à Roubaix-Tourcoing, ou avec le partenariat entre le château de Versailles et Arras, le Nord-Pas de Calais s’est affirmé depuis plusieurs années comme la Région des musées. La Nouvelle Région Nord Pas de Calais – Picardie peut toujours revendiquer ce titre, avec pas moins de 82 musées de France sur l’ensemble du territoire. Parmi ceux-ci : La Piscine à Roubaix, le Musée de Picardie à Amiens, le Centre historique minier à Lewarde, le musée Jean de la Fontaine à Château-Thierry, le musée Matisse au Cateau-Cambrésis, le musée de Flandre à Cassel, le Familistère à Guise, la Cité de la dentelle et de la mode à Calais, le musée franco-américain à Blérancourt, le LAM à Villeneuve d’Ascq ou l’Historial de la Grande Guerre à Péronne.

Deux sites de référence sur le sujet : La Région des Musées et Picardie Muses.

Un patrimoine industriel

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l’industrie du Nord Pas de Calais - Picardie traverse une crise majeure. L'extraction minière, l'industrie sidérurgique, le textile ou le secteur sucrier, moteurs de la croissance régionale et nationale, sont remis en cause. Les effets industriels et sociaux sont conséquents.
C'est un monde qui disparaît. Il faut alors réinventer, sur de nouvelles bases, mais sans nier ses divers héritages. Une des principales répercussions sur le paysage régional, c'est la multiplication des friches industrielles. Elles sont à la fois l’héritage d'un passé glorieux et des stigmates de la crise.

Un patrimoine riche autour du textile (Roubaix, Auchy-les-Hesdin, Calais, Caudry, Flixecourt, Cosserat à Amiens) et du charbon (bassin minier), mais diversifié par l'industrie sucrière (Francières), l'industrie du verre (Saint-Gobain, vallée de la Bresle, Fourmies), de la construction mécanique (Cail Fives) à la fois lourde et de précision (serrurerie-robinetterie).

Quelques exemples de reconversion :

  • La sucrerie de Francières : créée en 1829 et fermée en 1969, menacée de destruction, la sucrerie a été inscrite aux Monuments historiques en 1999. En 2012, elle est devenue un centre d’interprétation dédié à l’industrie sucrière, un lieu pour tout savoir sur le sucre et les agro-ressources.
  • Euratechnologies : pôle d’excellence économique dédié au numérique et installé dans une ancienne filature, le Blan-Lafont, construite en 1900.
  • La Biscuiterie à Château-Thierry : salle de spectacle dédiée aux musiques actuelles et installée dans une ancienne usine Lu-Belin.
  • Arenberg Creative Mine : installé sur l’ancien site minier de Wallers Aremberg, un programme de reconversion centré sur les thèmes de l’image, des médias numériques et de la recherche a vu le jour.
  • Le 9-9bis à Oignies, les Archives du Monde du Travail à Roubaix dans l’ancienne usine Motte-Bossut, le FRAC de Dunkerque, le projet de Fabrique de Flixecourt dans une partie de l’ancien tissage de jute Saint Frères.

Les grands noms du textile

Les Van Robais

En 1665, Josse Van Robais quitte la Hollande avec ses métiers à tisser et cinquante ouvriers qualifiés pour créer à Abbeville, à la demande de Colbert, une « Manufacture royale de draps fins façon Hollande ». Louis XIV qui souhaite développer cette industrie de luxe lui consent d’importants privilèges. En 1710, Van Robais de Nixdorf succède à son père. Sous le règne de Louis XV, ses six neveux qui ont repris l’affaire emploient 2000 ouvriers. Ils diversifient leurs activités, négoce maritime, activités financières… Leur prospérité leur permet de faire construire le Château de Bagatelle, aux portes d’Abbeville.

Cosserat

Pierre Cosserat, né en Lorraine, s’installe à Amiens en 1789. Il épouse 5 ans plus tard la fille d’un imprimeur sur étoffes et commence à travailler dans le négoce du velours dont la ville est devenue la capitale depuis 30 ans déjà. En 1832, son fils Eugène lui succède. Il introduit en contrebande des métiers anglais, modernise et développe l’activité. Ses fils et petits-fils développent la qualité du velours cannelé et achètent des brevets anglais pour la coupe du velours lisse. En 1893, Jules Verne est ébloui par l’atelier aux 500 métiers de la manufacture. L’usine ferma définitivement en 2012.

Coco Chanel

Elle a vécu en Picardie à Compiègne et à La Croix-Saint-Ouen. C’est là qu’elle est initiée à la fréquentation du « Tout Paris » et qu’elle réalise ses premières créations qui vont révolutionner la mode féminine du XXe siècle.

Elle y développe une entreprise de tissage à son nom où elle fait réaliser en exclusivité ses plus fameuses étoffes de fantaisie.

Les pionniers de l’aviation

Gaston (1882-1915) et René Caudron (1884-1959)

Nés à Favières dans la Somme, ces deux frères deviennent ingénieurs et aviateurs. Ils font leurs premiers essais au Crotoy, sur l’Estran. Ils construisent un premier planeur en 1908 puis des avions qui seront utilisés pendant la Première guerre mondiale. Après la mort de Gaston, survenue accidentellement lors d’un essai d’avion bombardier, René poursuit seul la construction d’avions civils et militaires.

Henri Potez (1891-1981)

Né à Méaulte, près d’Albert, dans la Somme, Henri Potez construit en 1925 dans son village natal ce qui est alors la plus grande usine aéronautique du monde. Il y fabrique les Potez 25 qui pendant 10 ans connaîtront un succès international. En 1937, les usines Potez sont nationalisées et en 1940 Henri Potez cesse d’y travailler.
De 1918 à 1940, Potez construit plus de 10 000 avions commerciaux, de tourisme ou militaires dont plusieurs battent des records de distance, de durée et de vitesse.

Marcel Dassault (1892-1986)

Il rencontre Henri Potez chez Caudron au début de la Première guerre mondiale alors qu’il n’est que caporal. Sa contribution aux dessins de l’avion G3 lui valent de devenir sergent. Après la première guerre, il crée sa propre société qui est nationalisée pendant le Front Populaire. Il en reste salarié tout en créant avec Potez un bureau d’études privé. Fait prisonnier par Vichy, il est envoyé à Buchenwald.
A son retour il change son nom « Bloch » pour celui de « Dassault » et reprend son activité aéronautique à Mérignac. Son succès est total, ses avions Ouragans, Mystères, Mirages et Rafales sont vendus partout dans le monde.
Son nom est associé à plusieurs équipements de la ville de Beauvais, dont il a été élu député et sénateur pendant plus de 30 ans depuis 1957.