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Publié le 19/02/2019

Mémoire : les Hauts-de-France perdent l’une de ses ambassadrices

Porte-drapeau, auteure, patriote… Nathalie Demeurisse-Sokolowsky avait à cœur de défendre et de transmettre la mémoire des combattants des Hauts-de-France. Elle est décédée le vendredi 15 février 2019 à l'âge de 54 ans. La Région lui rend hommage.

Nathalie Demeurisse-Sokolowsky, est née le 22 août 1964, à Soucy dans l'Aisne dans la maison de son arrière-grand-père, René Demeurisse. En 1988, elle s'installe à Soissons et devient postière. Arrière-petite-fille de Poilu et petite fille d'un héros de la Résistance, Nathalie Demeurisse-Sokolowsky a énormément œuvré pour la mémoire de sa famille.

En 2014, elle fait restaurer la stèle qui commémore la mort de son grand-père Alain Demeurisse, soldat FFI, fusillé par les nazis le 30 août 1944 dans la forêt de Compiègne. Poursuivant sa mission, elle ira jusqu'à lui faire remettre au début du mois de février 2019 la Médaille de la Résistance française à titre posthume.

L'Histoire et l'histoire familiale

"Elle avait le devoir de mémoire chevillé au corps et au cœur, témoigne Gérard Bocquery Président UNADIF FNDIR (Union nationale des associations de déportés internés et familles de disparus – fédération nationale des déportés internés de la Résistance) de l'Oise. Nathalie était une femme de conviction, ardente, passionnée, humaniste… Elle était membre de nombreuses associations patriotiques et mémorielles dans l'Oise, dans l'Aisne et à Paris."

Nathalie Demeurisse-Sokolowsky était très active dans la défense et la transmission de la mémoire de par son passé familial : "tous les derniers samedis d'août, une cérémonie est organisée en forêt de Compiègne, à l'endroit où son grand-père fut exécuté," explique le président de l'Unadif.

Porte-drapeau dévouée

L'importance de se souvenir, encore, toujours, a conduit Nathalie Demeurisse-Sokolowsky à devenir porte-drapeau de l'association : "elle portait notre "beau drapeau" comme elle l'appelait, avec beaucoup de dignité, de respect, de fierté, pour tous les déportés, morts dans les camps ou revenus, les résistants, leur famille," poursuit Gérard Bocquery.

Il y a quelques années, elle a découvert la correspondance de guerre de son arrière-grand-père, soldat dans l'enfer des tranchées de la Première guerre mondiale. Également peintre et graveur de talent, le jeune homme (19 ans à l'époque) livrait dans ses lettres et ses croquis un témoignage aussi historique que sensible sur les souffrances endurées par les Poilus. En 2016, Nathalie Demeurisse-Sokolowsky compile ces archives et publie Peintre dans les tranchées. Depuis cette parution, elle arpentait les routes de la région et les salons du livre pour faire connaître son histoire.

Engagée jusqu'au bout


Le 9 février 2019, Nathalie Demeurisse-Sokolowsky était mise à l'honneur au travers de son grand-père qui recevait à titre posthume la médaille de la Résistance aux Invalides. Jean-Pierre Pakula, Président de l'Anopex, Association Nationale des participants aux OPérations Extérieures se trouvait avec elle : "le soir de la cérémonie, nous étions à l'Arc de Triomphe où elle déposait une gerbe, ravivait la Flamme et signait le livre d'or. Ces moments d'émotions très attendus et très forts ont peut-être eu raison de son cœur."

Ses obsèques ont lieu le vendredi 22 février 2019 à 14h00 en la cathédrale de Soissons (02).

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3 commentaires sur “Mémoire : les Hauts-de-France perdent l’une de ses ambassadrices”

  1. JOLY Alain -

    Je suis bouleversé par cette nouvelle .
    Merci , Nathalie , pour tout ce que tu as fait pour l’éclat de nos cérémonies .Mes condoléances le plus attristées et fraternelles à sa famille et à l’ADIF 60 , qui était aussi pour elle une deuxième famille .

    Alain JOLY

    • BOCQUERY Gérard -

      Merci beaucoup cher Alain, il est vrai que l’UNADIF-FNDIR de l’Oise était pour elle, une seconde famille. Elle portait toujours avec grande dignité, respect et fierté notre « beau drapeau » comme elle l’appelait toujours. La veille de son décès , survenu le 15/02, elle me disait encore : » Vivement dimanche (17/02) j’ai hâte de porter notre beau drapeau, rendez-vous à 11h, pour la formation du cortège des porte-drapeaux, je t’embrasse, gros bisous ».

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