Publié le 24/11/2015

Fêtes et coutumes

La région Hauts-de-France est réputée pour sa convivialité et la chaleur humaine de ses habitants

De nombreuses fêtes et coutumes, qu’elles soient à l’échelle du village ou de la région, sont l’occasion de rassemblements, animations, défilés… Citons par exemple les carnavals, les fanfares, les majorettes ou encore les défilés des géants.

Des carnavals

Le carnaval est une tradition très ancienne. Le carnaval de Dunkerque, le plus connu, remonte au XVIIe siècle à l’époque où les marins-pêcheurs faisaient route vers l’Islande pendant 6 mois et où beaucoup ne rentraient pas. Les armateurs avaient pris l’habitude de leur offrir quelques jours de fêtes avant le grand départ. À notre époque, des dizaines de milliers de personnes y participent chaque année. Pendant deux mois et demi, sur la côte et jusque dans les Flandres, les cortèges de carnavaleux déguisés et munis des fameux parapluies défilent au son des tambours, des cuivres et des chants traditionnels.

Des fanfares

Les fanfares ne sont jamais loin des festivités. Les musiciens amateurs perpétuent l'idéal de ces formations : "musique du peuple, interprétée par le peuple". Ils défilent en cadence dans les rues et animent les carnavals, commémorations, le 14 juillet et autres ducasses. Ils sont parfois accompagnés de majorettes dans leurs costumes à paillettes, dont les lancers de bâton et chorégraphies travaillées chaque semaine. Dans les années 1960, cette discipline a été importée des États-Unis où les tambours-majors, qui donnaient le rythme aux fanfares militaires, ont cédé la place au début du XXe siècle aux tambour-majorettes, un terme qui sera simplifié plus tard par « majorettes ».


Des géants

Ils s’appellent Batisse et Zabelle à Boulogne-sur-Mer, Lyderic ou Phinaert à Lille, Éléonore et Herbert à St Quentin, Reuze Papa et Reuze Mama à Cassel, ou encore Amandine et Dudule à Ham. Ce sont tantôt les fondateurs, les protecteurs ou les symboles de leur ville.
Les géants sont un héritage de rites du Moyen-âge, comme les êtres humains, ils naissent, sont baptisés, se marient et ont des enfants, comme Monsieur et Madame Gayant et leurs trois enfants : Jacquot, Fillon et Binbin ! En fonction de leur taille, ils sont portés par une ou plusieurs personnes et sont de sortie lors du carnaval, ou des fêtes traditionnelles.

Les jeux et sports de balle picards

Longue paume, balle au tamis, ballon au poing et balle à la main appartiennent à la famille des jeux de paume qui consistent à envoyer la balle le plus loin possible dans le camp de l’adversaire. Leur origine est lointaine : les Grecs pratiquaient un jeu semblable appelé « Phaeninde ». Les Romains l’ont introduit en Gaule. Au Moyen-Age, il s’est développé et diversifié.

La longue paume
C’est le sport traditionnel de balle qui est le plus pratiqué en Picardie. Au Moyen-Age, on frappait la balle avec la paume, puis pour se protéger, avec un gant et ensuite avec un battoir tendu de peau pour donner plus de force à la balle. Au milieu du XIXe siècle la peau, remplacée par des cordes, a donné naissance à la raquette. Les balles sont en liège, de 6 cm environ de diamètre.

Près de 300 compétitions ont lieu de la mi-avril à septembre, sous l’autorité de la Fédération Française de Longue Paume créée depuis 1821.

Le ballon au poing
Devenu un jeu de la Noblesse et codifié sous Louis XIV, le ballon au poing s’est démocratisé au XIXe siècle en Picardie auprès d’un large public.
Le championnat de France a lieu au parc de la Hotoie à Amiens, le 15 août, après 4 mois de rencontres. Le ballon au poing se joue sur un terrain de 65 à 70 mètres de long, avec un ballon semblable à celui du handball, frappé avec le poignet. Les équipes comprennent 6 joueurs, dont un foncier qui engage la partie.

La choule
Ce jeu semble être le plus ancien des jeux picards d’équipe : on en fait mention depuis le XIe siècle. La choule se pratiquait sur une prairie, à mi-chemin des villages qui s’opposaient, à l’aide d’une boule en cuir garnie de foin, d’eau ou de mousse. Pour marquer des points, les joueurs devaient déposer la boule appelée « choule » dans le camp adverse. C’est pendant la guerre de Cent ans que le jeu fut pratiqué par les Anglais qui l’auraient codifié en 2 variantes, l’une donnant naissance au football, l’autre au rugby. La choule se joue aujourd’hui encore le dimanche après le Mardi gras, dans le village de Tricot dans l’Oise.

Le Javelot tir sur cible
C’est en Champagne, dès le XIIe siècle, que se pratique le jeu de tir au javelot, sorte de lance perfectionnée. En Picardie, ce jeu n’est introduit qu’en 1900, dans le nord de la Somme par des ouvriers qui vont travailler dans les mines du Pas-de-Calais. Dans les années 1920 le jeu se développe dans les cours de café. Aujourd’hu, le Javelot tir sur cible est devenu un sport à part entière. Des compétitions nationales sont organisées chaque année : coupes de France en individuel ou en triplette et finales du championnat de France en individuel et en doublette.

Jeux traditionnels
Jeux du Mardi gras, jeux du 14 juillet, jeux de rue ou de café sont autant d’occasions de réjouissances dans les villages picards depuis plusieurs siècles. Ils retrouvent aujourd’hui leur popularité et sont, de nouveau, des animations majeures des villes et villages picards.

Les jeux de boules
La boule picarde, plus grosse que celle de la pétanque, se joue dans la région de Corbie et dans le Santerre. Les boules plates se jouent dans le Vimeu et le Santerre, sur une bande de roulement convexe au profil asymétrique d’une trentaine de mètres de long. La boule de Fort, semblable à une boule de pétanque mais lestée d’une masse de plomb, qui change son centre de gravité, se pratiquait à Montdidier.

Le jeu de l’assiette
Très pratiqué dans le Vimeu, il consiste à lancer des disques en bois de 15 cm de diamètre sur 3 cm d’épaisseur, sur une table de 3,2 mètres de long. C’est un jeu d’adresse mais aussi de tactique, la stratégie du joueur consistant à bien placer ses assiettes sur la table devant celles de l’adversaire.

Les jeux de quille
Pratiqués surtout dans le Ponthieu, ils ont aussi pris leur essor dans l’entre-deux-guerres, dans la vallée de la Nièvre. Les quilles du Ponthieu ont des formes et des couleurs originales suivant les villages. La boule d’un poids de 5 à 13 kilos est creusée pour pouvoir être saisie avec 4 doigts. Les 9 quilles sont posées sur le « quiller » et doivent être abattues à partir de 3 pas de tir différents.

Le jeu de l’écu
Ce jeu de café est surtout répandu dans l’Aisne. Chaque joueur lance deux écus de bronze de 5 cm de diamètre sur le « plomb », plaque carrée de 50 cm de côté, composée de plomb et d’étain. L’objectif est de placer les écus au plus près du sou initialement lancé sur le « plomb ».

« Éch ju d’andgille » ou jeu de baquet
C’est le plus populaire des jeux du 14 juillet. Il se joue avec un chariot de deux roues tiré par des animaux ou par une ou deux personnes. Le joueur, assis sur le chariot, doit enfiler la pointe d’une perche dans le trou d’une planche fixée sous un baquet d’eau, lui-même placé sur un portique de 2,5 m de haut. Le joueur se fait donc arroser, ce qui ajoute à l’attrait du jeu… pour les spectateurs !

Coutumes et croyances

La fête des Bradons
Une tradition païenne appelée « Bois-Hourdy », c'est-à-dire bois brûlé, s’est développée en Picardie sous le nom de « Béhourdis ». Le premier dimanche de Carême, les jeunes gens, garçons et filles, dansaient dans les jardins et vergers, en passant sur les troncs des arbres fruitiers des brandons, c'est-à-dire des torches enflammées. Il s’agissait, bien sûr de s’assurer de bonnes récoltes, mais c’était surtout l’occasion de réjouissances et fêtes nocturnes.
Cette tradition a disparu dans le courant du XIXe siècle dans la plupart des villages. Elle reste très vivante à Chambly, dans l’Oise, où le soir du mardi-gras on brûle un chêne sur la place de l’Hôtel de ville, non sans qu’une jeune fille, élue « déesse », n’ait préalablement tourné autour de l’arbre au son des tambours. Le spectacle est exceptionnel : le feu monte ainsi jusqu’à 35 m au milieu de la ville.

Figures

Les géants et marionnettes

Jacques Croédur
Popularisé en 1848 sous la plume de Clément Paillart, Jacques Croédur est un héros de la tradition populaire du Ponthieu et du Vimeu. A la fois maçon et paysan, il apparaît dans des chroniques, des almanachs, des pièces de théâtre et des contes. Il est « géantifié » à la fin de la dernière guerre par les habitants du quartier Saint-Gilles à Abbeville. Aujourd’hui il est surtout connu grâce au dessinateur du Vimeu Jack Lebeuf qui en a fait un héros de bandes dessinées dès 1946.

Lafleur
Héros amiénois, Lafleur est une marionnette à tringle et à fils dont la création remonterait à la fin du XIIIe siècle. Il a l’esprit moqueur et n’hésite pas à affronter « chés cadoreux » (les gendarmes). Les théâtres de marionnettes, nombreux et florissants XIXème siècle ont disparu avec le cinématographe. Grâce aux « Amis de Lafleur » en 1930 et à « Chés Cabotans d’Amiens » en 1933, Lafleur renaît et est connu bien au-delà la Picardie et de la France.

No Piot
Ce géant est né en 1927 dans la ville d’Hirson. Il en est devenu le héros et est fêté chaque année à la Pentecôte par un grand défilé.