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Publié le 18/05/2020

Les Hauts-de-France berceau de la « Grande Armée » victorieuse à Austerlitz

Organisé par Napoléon pour débarquer en Angleterre après la rupture de la paix d'Amiens le 16 mai 1803, le "camp de Boulogne" a donné naissance à "la Grande Armée", aux termes d'un des plus imposants dispositifs militaire de l'histoire de notre pays.

Inconfortablement installé dans sa petite "baraque" construite sur les hauteurs de Boulogne, Napoléon dort peu. C’est d’ici, l’œil rivé sur sa lunette, plutôt que dans le confort de son QG installé au château de Pont-de-Bricques, qu’il surveille le déploiement sur le littoral des dizaines de milliers d’hommes de son "armée des côtes de l’Océan".  Le projet de l'Empereur : débarquer en Angleterre, qui vient tout juste, le 16 mai 1803, de rompre unilatéralement la "Paix d’Amiens", un an à peine après sa signature, en attaquant et pillant des navires français. Mais débarquer en Angleterre, comme le firent Jules César et Guillaume le Conquérant, nécessite des moyens hors du commun. L’île dispose alors de l’armée navale la plus puissante du monde et ses troupes, au caractère insulaire bien trempé, d’une détermination à toute épreuve.

120 000 hommes face à la mer et à l'ennemi

C’est donc à Boulogne, face à la mer et à l’ennemi, que Napoléon organise l’un des plus importants déploiements militaires de l’histoire. De Montreuil-sur-Mer à Zeebruge, il aligne sur la côte jusqu’à 120 000 hommes, dont 73 000 à Boulogne, prêts à embarquer pour en découdre avec la perfide Albion. Même s’ils en ont vu d’autres, les grognards vivent ici, au "camp de Boulogne ", dans des conditions difficiles. Dormant sur des hamacs, ils passent leurs journées à s’entraîner lors de manœuvres éprouvantes avant le départ prévu entre le 8 et le 18 août 1805.

L'idée d'un tunnel sous la Manche

En secret, entouré des meilleurs ingénieurs de l’empire, Napoléon imagine toutes sortes d’innovations techniques pour mener à bien cette opération titanesque. La construction d’un sous-marin électrique muni de torpilles, à l’image de celui lancé par la marine espagnole quatre ans plus tôt est envisagée, de même que des navires à vapeur. Disposant alors de moyens financiers considérables, l’empereur étudie aussi la création d’un tunnel sous la Manche.

Tandis qu’à Paris tous les grands espaces, y compris la place de la Concorde, sont réquisitionnés pour la construction de nouveaux navires, Napoléon entreprend à Boulogne des grands travaux pour construire et agrandir des ports, créer de nouveaux bassins, des chantiers navals...  La structure actuelle du port de Boulogne, dont l'un des bassins porte le nom de Napoléon, est un héritage de cette période, de même que le détournement du lit de la Liane, dont les berges aménagées sont aujourd’hui un lieu de promenade privilégié pour les Boulonnais et les touristes.

Au fur-et-à-mesure que l’empereur structure son plan, les troupes continuent d’affluer sur la côte, jusqu’à former la "Grande Armée", ainsi que la nommera pour la première fois Napoléon dans une lettre restée célèbre au Maréchal Berthier, celle-là même qui donne son nom à une des plus prestigieuses avenues de Paris, une des dix branches de la place de l’Etoile reliant l’Arc de Triomphe. C'est au camp de Boulogne également que Napoléon décorera, pour la toute première fois de l'histoire, plusieurs hommes de la Légion d'honneur, le 16 août 1804.

De Boulogne-sur-Mer à la victoire d'Austerlitz

Ce n’est pourtant pas en Angleterre, pour laquelle le projet de débarquement aura mobilisé à Boulogne tout ce que l’empire comptait de force et d’intelligence stratégique, que la Grande Armée connaîtra le triomphe. En effet, alors que tout était presque prêt, les Anglais attaquent à nouveau, au large de l’Espagne, la dernière escadre qui devait rejoindre le camp de Boulogne, celle du vice-amiral Villeneuve. Dans le même temps, l’Autriche et la Russie, alliées à l’Angleterre, s’organisent pour menacer la France à l’est de l’Europe.

Pour Napoléon, le débarquement sur les côtes anglaises n’est plus une priorité. C’est à l’Est que ça se passe désormais. Le 29 aout 1805, à Boulogne, il prend la décision stratégique de diriger sa Grande Armée en direction du Rhin. Près de 200 000 hommes quittent alors les côtes des Hauts-de-France, où ils étaient rassemblés depuis deux ans, pour mener la plus épique campagne de l’empire avec en particulier, le 2 décembre 1805, la victoire d’Austerlitz.

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