Avril 2018 – Canal Seine-Nord Europe : un chantier à saisir pour les entreprises de la région

La réalisation du Canal Seine Nord Europe va engendrer de nombreux chantiers. Un grand nombre d’entreprises des Hauts-de-France pourront répondre aux différents appels d'offres pour tenter de décrocher les marchés publics correspondants.


Le canal Seine-Nord Europe, c’est quoi ?

Le canal Seine-Nord Europe est un canal à grand gabarit de 107 kilomètres, qui reliera l’Oise au canal Dunkerque-Escaut, de Compiègne (60) à Aubencheul-au-Bac (59), près de Cambrai. La réalisation d’une telle infrastructure fluviale est une première en France. L'intérêt, économique et écologique : doubler les trafics fluviaux français et permettre à un bateau de transporter jusqu’à 4 400 tonnes de marchandises, soit l'équivalent du chargement de 200 camions.

Concrètement, ce canal à grand gabarit symbolise un levier pour booster l'emploi dans les Hauts-de-France. Pendant la période 2017-2025, correspondant à un chantier pharaonique qui va fortement dynamiser les territoires traversés, 10 000 emplois seraient générés chaque année. Une fois le canal réalisé, ce sont 30 000 emplois pérennes qui pourraient être créés grâce au canal.

La volonté de la Région, en lien avec l'ensemble des collectivités locales des Hauts-de-France, la Région Ile-de-France et la CCI Hauts-de-France, est de faire du canal Seine-Nord Europe un projet pilote pour la France, exemplaire et innovant.

Le canal en 5 caractéristiques

  • un chantier d’envergure et d’exemplarité
  • un chantier de dimension européenne
  • un chantier porté en partenariat
  • 4,5 m de profondeur d’eau et 54 m de largeur
  • 6 écluses, 61 ponts et 4 plateformes mulitmodales

Le canal en chiffres

  • un canal long de 107 kms
  • 7 années de chantier
  • plus de 10 000 d’emplois générés pendant le chantier
  • 30 000 emplois créés pour le fonctionnement du canal
  • plus de 2 milliards d'euros investis par l'Union européenne, plus d'1 milliard d'euros investis par les collectivités


Avril 2018 – Canal Seine-Nord Europe : un chantier à saisir pour les entreprises de la région

La réalisation du Canal Seine Nord Europe va engendrer de nombreux chantiers. Un grand nombre d’entreprises des Hauts-de-France pourront répondre aux différents appels d'offres pour tenter de décrocher les marchés publics correspondants.

Maîtres d’œuvre du chantier du Canal Seine Nord Europe, préparez-vous ! Les appels d’offres liés à la réalisation du canal à grand gabarit seront lancés en avril et mai 2018 par la SCSNE (Société du Canal Seine Nord Europe), missionnée depuis 2016 sur la construction du canal.

107 km de canal à façonner

Les enjeux autour de ce chantier fluvial de grande ampleur (107 km de long entre Compiègne (60) et Aubencheul-au-Bac (59), près de Cambrai) nécessitent une sélection fine des entreprises qui seront retenues pour le réaliser, avant que VNF (Voies navigables de France) ne reprenne la main pour assurer l’exploitation.

Si les attentes face à ce chantier historique sont importantes, les moyens sont également prévus pour permettre aux entreprises (et notamment aux entreprises des Hauts-de-France) de candidater.

3,26 milliards d’euros de marchés à décrocher

Au total, les missions à distribuer vont peser pour plus de 3,26 milliards d’euros de contrats. Au-delà du respect des délais et des coûts, les entreprises devront répondre à un certain nombre de critères de performance. Sur le plan de l’innovation environnementale et énergétique (le canal a vocation à être "durable") mais aussi en termes de recrutement (des clauses sociales seront intégrées pour favoriser la formation et l’emploi local).

Parallèlement, la SCSNE a prévu de faciliter les candidatures en allotissant les marchés de maîtrise d’œuvre, en allongeant le délai de réponse aux appels d’offres et en optant pour une procédure concurrentielle suivie d’une négociation.

Des comités de secteurs

Le partenariat et le dialogue seront les deux maître-mots de la réalisation de ce chantier. Dans le cadre de la Démarche Grand chantier, l’information et l’accompagnement des entreprises formeront d’ailleurs un axe prioritaire nommé "Canal Entreprises".

Trois comités territoriaux établiront, pour chaque tronçon géographique défini, un contrat territorial de développement coordonnant les différents travaux.

Objectif 2019

Côté calendrier, les premiers aménagements environnementaux (déboisement, replantation d’arbres, création de mares…) ont débuté sur une partie du tracé (secteur Clairoix-Passel, dans l’Oise). Ils se poursuivront jusqu’en 2019.

Pour la réalisation de l’infrastructure et des aménagements économiques en tant que tels, les entreprises retenues pourront débuter en 2019-2020. Il s’agira alors des opérations de creusement, terrassement, aménagement des bords à canal, réalisation d’écluses, de déviations ou rétablissements de réseaux, du pont-canal de la Somme ou encore du grand bassin réservoir d’eau prévu à proximité de Péronne (80).

Suivez le lien vers les marchés à pourvoir.


Octobre 2017 – Les collectivités veulent régionaliser le canal Seine-Nord Europe

La mobilisation, historique à l'échelle des Hauts-de-France, porte ses fruits : le 3 octobre 2017, l'État a accepté de "régionaliser" le canal Seine-Nord Europe.

C'est une avancée historique dans le "dossier" canal Seine-Nord Europe. Mardi 3 octobre, le conseil de surveillance du canal s'est réuni à Amiens, en présence d'Elisabeth Borne, ministre des transports, et de Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics. À l'issue de cette réunion convoquée par Xavier Bertrand et l'ensemble des présidents des Départements que traversera le futur canal, les propositions formulées par les collectivités des Hauts-de-France ont été acceptées.

À savoir : la régionalisation du canal Seine-Nord Europe, la garantie de l'emprunt contracté par l'État, la prise en main du destin du canal par les Hauts-de-France.

"Ce canal, c'est la voie de l'emploi, c'est le développement économique de notre région, c'est le service apporté aux usagers, rappelle Xavier Bertrand à l'origine d'une mobilisation unique dans l'histoire des Hauts-de-France. Notre volonté, claire, est la même depuis trois mois : que l'État tienne sa parole, que ce qui a été promis et signé soit respecté."

#OuiAuCanal

À 11h30, la mobilisation historique initiée depuis plusieurs semaines continue : parés de leur écharpe tricolore, plus de 500 élus venus de tous les territoires se réunissent devant l'Hôtel de Région, à Amiens. Présidents de Département, sénateurs, députés : tous affichent un soutien sans faille pour le canal, un projet fondateur pour l'avenir des Hauts-de-France, et brandissent la même pancarte, le même slogan unanime : "#OuiAuCanal".

"Aujourd'hui le canal, qui était en pause, repart. Notre mobilisation n'en est qu'à ses débuts, mais elle montre notre engagement total pour ce dossier : si nous voulons vraiment ce canal, il faut que l’État passe la main à la Région, lance Xavier Bertrand. Nous allons continuer de nous battre, tous ensemble, dans les semaines et mois à venir, aller à la rencontre des habitants pour expliquer notre combat. Jusqu'au premier coup de pioche, jusqu'au passage de la première péniche sur le nouveau canal Seine-Nord Europe !"


Septembre 2017 – Les Hauts-de-France disent « Oui au canal »

Le 15 septembre 2017, plus de 500 personnes se sont rassemblées à Péronne pour dire : "Oui au canal !"

La mobilisation est à la hauteur de l'enjeu, historique : la première réunion de sensibilisation au canal Seine-Nord Europe, organisée par la Région, a rassemblé à Péronne (80) de très nombreux élus, acteurs économiques, représentants syndicaux et habitants des Hauts-de-France.

L'objectif de cette soirée : envoyer un message fort pour encourager la future mise en service de ce canal et répondre, comme l'a formulé Stéphane Demilly, député de la 5e circonscription de la Somme, à "l'appel de Péronne".

"Faire de la pédagogie"

Véritable autoroute fluviale à grand gabarit, longue de 107 kilomètres, ce canal relierait l'Oise au canal Dunkerque-Escaut et boosterait toute l'économie des Hauts-de-France. "Ce canal représente l'avenir des Hauts-de-France. Il est nécessaire pour tout un territoire, pour l'emploi, pour nos entreprises, a rappelé le président Xavier Bertrand.

"Maintenant, il faut faire de la pédagogie, expliquer dans les bassins d'emploi, dans les communes qui accueilleront les plateformes multimodales, l'intérêt vital que représente le canal Seine-Nord Europe pour notre région."

Le canal, vital pour les Hauts-de-France

Les Présidents des Départements des Hauts-de-France concernés par le tracé du canal sont là, les entreprises aussi, les agriculteurs, les bateliers... Tout au long de la soirée, tous affirment leur volonté de voir le premier coup de pioche donné. Logique : le chantier pharaonique du canal Seine-Nord Europe devrait employer à lui seul plus de 10 000 personnes. Mieux : une fois le canal mis en service et les plateformes multimodales de Noyon, Nesle, Marquion et Péronne aménagées, plus de 30 000 emplois devraient être créés.

"Tout le monde économique est derrière vous, derrière le canal, car c'est vital, confirme Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France. Additionné à notre façade maritime, ce canal Seine-Nord nous offre l'opportunité de faire des Hauts-de-France un hub logistique européen. C'est un véritable booster d'intelligence collective. Voilà pourquoi nous défendons de toute notre force, de toute notre âme, le canal Seine-Nord Europe."

Même avis relayé par Franck Grimonprez, président du Groupement d'entreprises régionales d'intérêt fluvial (GERIF) : "les entreprises de logistique et de transport de marchandises sont aux côtés des élus qui s'engagent pour le canal. Avec les plateformes multimodales que nous aménagerons, nous investirons et nous embaucherons."

"Comment peut-on s’asseoir sur 10 000 emplois créés pendant les travaux liés au canal Seine-Nord Europe, 30 000 emplois ensuite ?", s'étonne même Franck Gonsse, représentant syndical des Dockers du port de Dunkerque.

Tous les secteurs concernés

Si la logistique dans les Hauts-de-France sera automatiquement dynamisée par le canal Seine-Nord Europe, ce sont bien tous les secteurs d'activité qui sont concernés. Le tourisme, par exemple, mais aussi l'industrie, le bâtiment, ou encore... l'agriculture.

"Ce canal est primordial pour l'agriculture et les agriculteurs, précise Christophe Buisset, président de la Chambre régionale d'agriculture. Le monde agricole, avec toutes ses filières, est derrière ce projet. La preuve : il a déjà donné 2 000 hectares pour permettre d'esquisser le tracé. Ce canal, c'est de l'emploi assuré pour le monde rural, des importations et des exportations pour notre industrie agroalimentaire... En clair, ce canal, c'est une porte ouverte sur le monde."

Au final, comme l'a exprimé Jean-Louis Borloo, venu porter soutien à cette première réunion de mobilisation et fervent défenseur d'un projet fondateur pour les Hauts-de-France, "le canal, c'est la vie !".

Vous aussi, dites "Oui au canal"

À l'issue de cette réunion, qui a permis à chacune des personnes présentes de comprendre l'intérêt régional de la future mise en service du canal Seine-Nord Europe, Xavier Bertrand a annoncé l'organisation de nouveaux temps de sensibilisation à ce projet considéré comme le "chantier du siècle".

"Aujourd'hui, nous faisons campagne pour ce canal, partout dans la région, car il représente l'avenir, explique Xavier Bertrand. C'est un projet structurant, indispensable pour l'emploi et pour notre développement. C'est surtout une opportunité unique, qui ne se représentera pas."


Canal Seine-Nord Europe : 107 km de trésors historiques

Gilles Prilaux est archéologue dans les Hauts-de-France depuis 30 ans. Spécialiste des époques gauloise et gallo-romaine, il a assuré la direction scientifique des fouilles qui ont été effectuées sur le tracé du futur canal Seine-Nord Europe par l'Inrap, Institut national de recherches archéologiques préventives.

Pourquoi a-t-on réalisé des fouilles archéologiques avant le début du chantier du canal Seine-Nord Europe ?

Gilles Prilaux : Comme avant tout chantier d'aménagement du territoire, de construction de route, de voie ferrée ou encore d'usine, les services régionaux d'archéologie décident s'il doit y avoir ou non une surveillance archéologique. On parle d'archéologie préventive, c'est une mission d’expertise majeure de l'Inrap.
Cette surveillance s'opère en deux phases :

  • Une première phase de diagnostic : on creuse des tranchées espacées d'une vingtaine de mètres et on "lit" le sous-sol. C'est-à-dire que l’on détecte s'il a été altéré par l’action des hommes, que ce soit il y a 100 ans au moment de la Première Guerre mondiale ou pour des périodes beaucoup plus anciennes comme la préhistoire. En fonction des vestiges que l'on trouve et de leur état de conservation, les services de l’État décident s'il convient d'élargir la fouille.
  • Une deuxième phase de fouilles plus complètes. Selon les besoins, on s'entoure de spécialistes comme des anthropologues, pour analyser des restes humains, des zooarchéologues, pour les restes d'animaux.

Quand on a terminé notre intervention, l'intégralité du site a été prélevée (manuellement ou mécaniquement) et les travaux peuvent commencer sans risquer d'endommager de vestiges historiques.

Quelles sont les particularités des fouilles réalisées sur le tracé du Canal ?

GP : Heureusement que l’on avait dans notre région l'expérience des grands tracés linéaires (TGV Nord, A16, A29…) car ce chantier est vraiment exceptionnel : 107 kilomètres de long et une largeur de 3 autoroutes… ça demande une grande logistique ! Il y a peu, voire pas d'équivalent en Europe, sur la totalité du tracé, ce sont 98 fouilles qui ont été réalisées. Nous avons dû inventer de nouvelles méthodologies pour creuser à 15 mètres de profondeur sans risquer de mettre en danger nos collègues. Par endroits, le canal aura même une profondeur de 45 mètres, ce qui a permis d’intervenir sur des sites datés de la préhistoire la plus ancienne, comme par exemple à Etricourt-Manancourt (Somme) où ce site exceptionnel est d’ores et déjà une référence en France.

"Il y a peu voire pas d'équivalent en Europe, sur la totalité du tracé, 98 fouilles ont été réalisées."

Une importante campagne de diagnostic a eu lieu en 2008 et 2009 et les fouilles en tant que telles se sont déroulées entre 2010 et 2012. Nous avons ensuite exploité les données, rédigé les rapports et préparé les versements des collections de mobiliers archéologiques vers les réserves d'État. Lors du pic d'activité, le chantier a rassemblé près de 150 archéologues de toute la France mais aussi de l'étranger.

Quelles sont les époques historiques les plus représentées d'après vos travaux ?

GP : On sait que dans notre région, on trouve le plus souvent des vestiges des époques gauloise (entre -450 et -50 avant Jésus-Christ) et gallo-romaine (de -50 au Ve siècle après Jésus-Christ) : environ un site tous les 600 à 800 mètres pour la première, et un site tous les kilomètres pour la seconde. Les fouilles du canal ont confirmé cela.

"On trouve le plus souvent des vestiges des époques gauloise et gallo-romaine."

On ne trouve quasiment jamais de vestige datant de l'époque du Haut Moyen Âge, car les villages de cette période correspondent généralement à la fondation des villages d'aujourd'hui. On retiendra toutefois la fouille de l’habitat groupé mérovingien et carolingien découvert à Bourlon dans le département du Pas-de-Calais.

Pouvez-vous nous parler d'une découverte inattendue ?

GP : Ces fouilles nous ont donné l'occasion de fouiller des villas gallo-romaines complètes et ainsi de mieux comprendre le fonctionnement des fermes, leurs parcellaires, leurs espaces de travail, leurs lieux de sépultures (avec des crémations jusqu'au IIIe siècle après Jésus-Christ, et des inhumations ensuite), leurs lieux de culte.

"Dans la Somme, on a mis au jour un sanctuaire dédié à Apollon"

À Mesnil-Saint-Nicaise, dans la Somme, on a mis au jour un sanctuaire dédié à Apollon. Au fond de deux puits, on a retrouvé des ex-voto anatomiques, en l'occurrence des sculptures de jambes en bois ainsi que des offrandes, des statuettes en terre cuite représentant des personnages mythologiques ou des animaux. Ces sculptures sont exceptionnellement conservées car elles sont restées immergées pendant près de 2 000 ans.

Le temple devait probablement être connu pour le pouvoir curatif de ses eaux : les pèlerins venaient avec des représentations de leurs jambes et déposaient au dieu leurs souffrances et leurs offrandes. Le site a été détruit/condamné au IIIe siècle, comme la plupart des sanctuaires païens, quand le christianisme s'est imposé.

Quel événement vous a le plus marqué au cours de ces opérations ?

GP : En tant que directeur scientifique, je suis surtout intervenu en appui auprès des responsables d'opération. Cela a été une formidable aventure, extrêmement dynamique avec beaucoup d'archéologues très motivés ! D'un point de vue plus personnel, j'ai été heureux que mes 30 années d'expérience soient utiles aux collègues, même si l'expérience ne fait pas tout !

"Des tombes à hypogée qui n'ont pas d'équivalent en France."

Un jour, une jeune responsable d'opération a détecté des tâches sur le terrain à Marquion (Pas-de-Calais), qui ne me semblaient pas très anciennes. Mais ma collègue a laissé parler son instinct et elle a bien fait ! Les tâches en question se sont révélées être des conduits comblés, remontant au Ier ou IIe siècle après Jésus-Christ. Nous avons creusé jusqu'à 6 mètres de profondeur et trouvé finalement sept chambres funéraires. Des tombes à hypogée qui n'ont pas d'équivalent en France. On y a trouvé les ossements incinérés des défunts, de la verrerie, de la vaisselle métallique, du mobilier miniature… On sait que les accès aux tombes ont été rebouchés immédiatement et en une seule fois. Toutefois, on ignore pourquoi des hommes ont creusé des sépultures aussi profondes, l'énigme reste entière… Quoiqu'il en soit, cela prouve qu'on a raison de faire confiance aux gens sur le terrain, c'est une belle leçon d'humilité.

 

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