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Article publié le 25/05/2022
Mis à jour le 04/06/2022

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Troubles cognitifs et formation : quelles solutions ?

Le nombre de jeunes adultes en formation présentant des troubles cognitifs est en hausse constante, avec des conséquences importantes en termes de souffrance dans les études ou en apprentissage, de décrochage scolaire et de limitation de l’épanouissement.

Le 31 mai 2022, Sciences Po Lille organise avec la Région Hauts-de-France une journée thématique consacrée aux troubles cognitifs et une conférence ouverte au grand public portant spécifiquement sur le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). David Delfolie, enseignant chercheur à Sciences Po Lille nous présente plus généralement les troubles cognitifs. Entretien.

David Delfolie
Enseignant-chercheur en sociologie et chargé de mission inclusion à Sciences Po Lille

"Les troubles cognitifs sont des perturbations qui affectent des fonctions cérébrales régissant la mémoire, la gestion des émotions, les perceptions, la mobilisation des capacités d’abstraction, de dénombrement ou de raisonnement, la conception, la programmation et l’exécution des tâches, la coordination des gestes, ou encore les interactions avec l’environnement. Cela recouvre en fait une gamme très large de traits, dont la combinaison entre eux et l’expression symptomatique sont d’une grande diversité. Malgré des dénominations médicales pour qualifier certains archétypes, chaque personne atteinte de troubles cognitifs à un profil unique, selon la nature et le degré de sévérité des dysfonctionnements, leur cumulation plus ou moins importante, le parcours personnel, l’environnement de vie, la précocité du diagnostic ou l’absence ou non d’une prise en charge adaptée. Il faut aussi noter qu’en l’absence de déficience mentale associée, les troubles cognitifs sont à dissocier de ce qui relève, pour schématiser, de l’intelligence. Au contraire, beaucoup de personnes atteintes de difficultés cognitives ont par ailleurs une aisance ou des facultés décuplées, voire extraordinaires au premier sens du terme, pour certaines choses."

"Les troubles cognitifs peuvent être acquis (conséquence d’un accident, effet transitoire ou durable d’un traitement, vieillissement, etc.), mais chez les jeunes adultes, ils sont très majoritairement innés (neurodéveloppementaux), donc durables, ce qui n’empêche pas des remédiations partielles de leurs incidences avec l’âge (expérience) ou un accompagnement adapté. Dans cette population, parmi les troubles identifiés les plus courants, on retrouve les troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, etc.), l’autisme à haut niveau de fonctionnement (sans défiance mentale associée), ou encore le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Plus largement, compte tenu de la diversité des situations, le vocabulaire ordinaire s’est enrichi de termes génériques comme ceux de profils neuro-divergents ou neuro-atypiques, dans lesquels on intègre par exemple les personnes HPI."

"En situation d’études ou d’apprentissage, les incidences des troubles cognitifs sont diverses et plus ou moins nombreuses en fonction des profils. Elles sont surtout très remarquables dans les situations éducatives car ces troubles affectent des fonctions directement en lien avec les modalités de transmission et d’évaluation des savoirs (lecture, écriture, mémorisation, expression orale, vitesse d’exécution, planification et organisation du travail, interactions sociales, attention, gestion du stress et des émotions, etc.). Dans beaucoup de cas, malheureusement, les difficultés induites par ces empêchements génèrent de l’anxiété scolaire envahissante, associée à une dépréciation de soi (impuissance apprise, culpabilité, etc.), qui peut engendrer des épisodes dépressifs (notamment en cas d’échec) et/ou des comportements dangereux (prise abusive de médicaments, consommation de toxiques). Ainsi, le risque de passage à l’acte suicidaire est par exemple surélevé chez les jeunes adultes présentant des troubles cognitifs, ce qui amène à des besoins de prévention renforcés."

"L’ensemble des établissements d’enseignement supérieur connaît un accroissement plus ou moins important du nombre d’étudiantes et d’étudiants en situation de handicap, et cette tendance est amenée à se poursuivre. L’accompagnement adéquat des élèves porteurs de troubles cognitifs constituent un défi majeur pour tous les établissements. Ce défi est loin d’être une contrainte. Au contraire, il est une formidable opportunité d’innovation pour répondre à des évolutions qui sont inéluctables au regard de revendications sociales légitimes, des changements induits par les nouvelles technologies dans l’accès à la connaissance, et des transformations du rapport au savoir et des manières d’apprendre."

"Grâce au soutien de la Région Hauts-de-France, Sciences Po Lille a développé un programme pérenne dédié à l’inclusion universelle pour amorcer un changement dans la durée. Il se décline en plusieurs volets : sensibilisation ; conduite d’expérimentations et création d’outils ; levier d’évolution de la pédagogie ; proposition de formations ; interventions directe auprès des publics concernés. L’école est aujourd’hui reconnue comme une référence sur ce sujet. C’est également, là aussi avec l’action de la Région, le seul établissement d’enseignement supérieur en France qui propose un dispositif d’écoute, d’évaluation d’aiguillage et de prise en charge pédagogique individuel pour les étudiantes et les étudiants présentant des besoins spécifiques, que ce soit un handicap établi, un trouble de santé conjoncturel ou des difficultés diverses compromettant ou compliquant la poursuite sereine des études."

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