Toutes les actualités
Publié le 27/06/2018
© CETI

Textiles innovants : les Hauts-de-France en pointe

Avec le Centre européen des textiles innovants (CETI), les Hauts-de-France disposent d’un outil majeur pour se placer en tête sur l’économie des textiles innovants.

Place forte de l’industrie textile au XXe siècle, la région a durement subi la crise du secteur avec la fermeture de grandes entreprises et la perte de milliers d’emplois. Depuis quelques années, le rebond est toutefois amorcé.

Relancer le textile en Hauts-de-France

Fin 2012, l’implantation du CETI dans la métropole lilloise, sur la zone de l’Union (à cheval sur les communes de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos), devait relancer ce quartier en friche, où l’entreprise des Peignages de La Tossée, entre autres, a vécu ses plus belles années. L’investissement global de 50 millions d’euros dans ce nouvel équipement devait aussi incarner le renouveau de l’activité textile dans son aspect le plus innovant. "C’est un nouveau départ pour un secteur et une région longtemps sinistrés" expliquait, au moment de son lancement, l’actuel président du CETI Bruno Delesalle.

À l’époque, toutes les collectivités dont la Région sont au rendez-vous. La dynamique est partenariale : avec l’école de l’ENSAIT, l’institut français du textile-habillement, l’incubateur d’entreprises Innotex, les pôles de compétitivité Up-Tex et MAUD (devenu Matikem) ou encore le club des entreprises des textiles techniques, Clubtex. À l’horizon 2020, le marché mondial des textiles techniques représentera plus de 150 milliards d’euros.

Miser sur l’innovation de pointe

Élaborer des matériaux disposant de propriétés innovantes, élargir l’usage de textiles dans l’industrie automobile ou aéronautique (comme matériau isolant léger), concevoir pour le milieu médical des vêtements qui soignent la peau, fabriquer des veines et artères artificielles que notre corps intègrerait, porter des vêtements connectés qui rechargent directement notre téléphone portable, ou qui à l’inverse protègeraient des ondes : tel est l’environnement de projets dans lequel évolue le CETI.
Le centre a démarré avec les textiles non-tissés mais a, depuis, élargi son champ d’intervention. Ici on conçoit, on expérimente, on développe une nouvelle offre de produits pour répondre aux besoins du 21e siècle. Une plateforme de prototypage est ainsi mise à disposition des entreprises pour tester des idées, des matériaux. Plus de 150 combinaisons sont possibles. Le site dispose aussi d’une machine fabriquant des fibres conductrices tri-composantes par voie fondue. Il n’en existe que cinq du genre dans le monde !

Usages multiples, applications concrètes

En 2017, son chiffre d’affaires facturé R&D atteignait 2,25 millions d’euros. Mais le CETI n’est pas qu’un centre de recherche déconnecté des réalités du marché : "nous entretenons de nombreux partenariats, avec de grands groupes, qui sont en recherche d’inspiration et réfléchissent notamment aux nouvelles tendances en matière d’habillement. Notre mission c’est de participer, avec le client, à la réflexion en amont et de l’accompagner jusqu’aux portes de la production", témoigne Marie-Pierre Chapuis, responsable communication et marketing opérationnel.
Dans les faits, le CETI ne se cantonne pas aux milieux de la santé ou du sport de haut niveau par exemple, qui sont ouverts aux nouvelles expérimentations. Le centre fait aussi en sorte de concilier les enjeux de fonctionnalité et de technicité du textile dans le monde du prêt-à-porter, plus habitué à penser "tendances de la mode".

Rewind : produire du coton 100 % recyclé

Un espace dédié à la digitalisation a également pris place à l’Union. Les clients peuvent désormais bénéficier d’un travail "de design/stylisme par informatique. Cela représente pour eux un gain de temps et d’argent, une économie de matière aussi" positive Marie-Pierre Chapuis. Un espace est également dédié au "smart flagship", une approche novatrice d’information sur le comportement des clients dans les magasins.

Prochaine étape dans la diversification des activités du CETI : l’arrivée, en septembre 2018, de machines qui permettront le recyclage de textiles coton. Récupération des textiles, tri de couleurs, effilochage et re-transformation en fil pour confectionner de nouveaux produits. Ce projet Rewind, mené en partenariat avec le groupe Decathlon, ambitionne d’ici 3 ans d’obtenir de nouvelles fibres courtes 100 % recyclées (les techniques permettent à ce jour d’atteindre 60 %). L’émergence de cette nouvelle filière durable représente une nouvelle corde à l’arc du CETI pour booster le renouveau du textile en Hauts-de-France.

Partager

Send this to a friend