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Article publié le 27/10/2021
Mis à jour le 28/10/2021

Portrait d’un athlète hors norme : Stève Stievenart

© DR

Ce sont les Anglais, à l’origine, qui l’ont surnommé "l’homme phoque" en raison de son régime alimentaire à base de poissons gras. Stève Stievenart, originaire d’Abbeville (80), mais vivant aujourd’hui à Wimereux (62), a réalisé de nombreux exploits à la nage, notamment une traversée aller-retour de la Manche en 2020. Portrait d’un athlète hors du commun qui sait affronter les épreuves.

Chaque jour de l’année, à Wimereux, il consulte les horaires des marées pour se mettre à l’eau, de jour comme de nuit. Stève Stievenart, 44 ans, dit "l’homme phoque", possède un beau gabarit : 110 kg pour 1m80. Son régime alimentaire particulier et un entrainement intensif lui ont permis de réaliser de nombreux exploits à la nage un peu partout dans le monde. Focus sur un "surhomme".

L’appel de la mer

C’est à l’âge de 7 ans que Stève Stievenart a ressenti pour la première fois l’appel de la mer : "Mon grand-père m’a emmené un jour au Cap Gris-Nez pour voir la traversée de la Manche par des nageurs qui étaient recouverts d’une bonne couche de graisse. J’ai été fasciné et cela est resté dans un coin de ma tête." A partir de ce moment-là, il n’a cessé de suivre les épreuves de ces nageurs, de consulter les résultats. Sportif depuis son plus jeune âge, amoureux de la course à pied, des sports mécaniques, il a traversé une période compliquée lors de la séparation de ses parents "mais le sport m’ai aidé à me construire", comme il le dit si bien.

En 2007, en Malaisie, il participe à un triathlon avec au programme une épreuve à la nage particulièrement difficile : "Je n’étais pas préparé mais je me suis aperçu que j’y prenais énormément de plaisir", explique-t-il.

De nombreux exploits au compteur

À une période de sa vie où rien n’allait, ni financièrement, ni avec ses enfants, à la suite d'une séparation avec sa femme, une petite voix intérieure a dit à Stève : "Accroche-toi, va nager à Wimereux." Puis il est parti en Angleterre pour apprendre la discipline avec un coach, Kevin Murphy, en 3 ans : "une année pour apprendre, une année pour comprendre et une année pour gagner". Il s’est ensuite lancé dans une traversée de la Manche en aller simple, en 20h55, ce qui lui a valu l’Award de la nage la plus endurante. Puis une deuxième, en 2019, en 17h. S’en sont suivis un tour de New York puis de Jersey. En 2020, il a réalisé l’exploit de traverser la Manche aller-retour, sans discontinuer, en 34h45. "On ne fait pas de pause, explique Stève Stievenart, on ne dort pas et c’est mon équipe qui me lance mon ravitaillement avec une corde du bateau suiveur."

2021 a été une grosse saison pour lui : il a réalisé la traversée du Lac Baïkal en Sibérie, à la mi-juillet, lors d’une course en relais. Après le relais du Baïkal, il a accompli les 40 bridges à New-York soit 2 fois le tour de l’île de Manhattan : 96 km en 21h15, et entre autres, celle du Loch Ness en Ecosse, une épreuve très difficile qui existe depuis 1965 et que seuls 25 nageurs ont réussi à accomplir. Il est le 1er Français à ce jour à y être parvenu. Puis en septembre, il a traversé le North Channel entre l’Irlande et l’Ecosse, l’une des traversées les plus difficiles au monde en raison de la présence de méduses et de la morsure du froid.

Une discipline de fer

Harengs, sardines, maquereaux… Stève Stievenart a un régime alimentaire bien particulier, à base de poissons gras, pour développer une bonne couche de graisse qui l’aide à s’acclimater aux températures, parfois très basses, des mers qu’il traverse à la nage. "Depuis 30 ans, engagé avec Picardie Nature, j’étudie le régime alimentaire des phoques, mais aussi des loups, des bars, qui parviennent à résister aux eaux très froides. La graisse est un bon isolant et un énergisant", poursuit-il. Pour sa traversée du lac Baïkal, il a consommé jusqu’à 1 kg de poissons par jour.

Cet "homme phoque" nage tous les jours, selon les horaires des marées, à Wimereux, parfois de nuit, en se repérant grâce aux éclairages de la digue. Il pratique aussi beaucoup la méditation, face à la mer, ou dans les bois : "Cela peut-être très éprouvant psychologiquement et physiquement, avec la méditation je fais des projections d’images qui m’aident à me connecter avec la nature et à affronter les épreuves." Son prochain défi ? Nager, toujours plus loin, mais cette fois-ci dans des eaux plus chaudes, aux États-Unis.

 

 

 

 

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