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Article publié le 27/11/2025
Mis à jour le 27/11/2025

Neuville-Coppegueule, capitale de la chaise Cadot !

© Ici Picardie

Dans la vallée de la Bresle, Neuville-Coppegueule perpétue un savoir-faire unique : la fabrication des chaises Cadot, ces fauteuils typiquement picards mêlant bois et paille. Une tradition née au début du XIXᵉ siècle et transmise de génération en génération, qui fait encore aujourd’hui la fierté du village.

Un fauteuil typiquement picard

Le Cadot, c’est ce fauteuil en bois doté d’une assise en paille et de deux accoudoirs, devenu la spécialité de Neuville-Coppegueule, à l’ouest de la Somme. Non loin de là se trouve Beaucamps-le-Vieux, réputée pour ses ateliers et considérée comme la capitale locale du meuble.
Dans cette partie de la région, l’artisanat du bois et de la paille fait véritablement partie du patrimoine.

Une tradition née d’un retour de guerre

L’histoire remonte à 1813. Pierre-Nicolas Tourneur, soldat de Napoléon originaire de Neuville-Coppegueule, rentre chez lui après avoir été fait prisonnier en Bavière. Durant sa captivité, il a appris à tresser la paille pour garnir les assises de chaises. Une fois de retour, il transmet ce savoir-faire à sa famille.
La technique se diffuse rapidement, devenant la spécialité des femmes du village puis de celles de la vallée de la Bresle et du Liger. Les hommes, eux, fabriquent les « carcasses » en bois qu’ils livrent ensuite aux pailleuses travaillant à domicile.

Un métier exigeant

Le travail est intense : les journées commencent à 6h et se terminent à 22h. Le bois provient généralement des forêts situées entre Neuville-Coppegueule et Sénarpont.
Pour l’assise, on privilégie la paille de seigle, fauchée encore verte pour conserver sa souplesse — bien plus confortable que les pailles du Sud, plus sèches et plus dures.

Un savoir-faire qui perdure

Aujourd’hui, les artisans perpétuant la fabrication de ces chaises typiquement picardes sont rares. À Neuville-Coppegueule, Nicolas Tourneur représente la neuvième génération de cette lignée d’artisans. Héritier direct de Pierre-Nicolas Tourneur, il continue de produire des Cadot et emploie encore la dernière pailleuse du village.
Preuve que ce patrimoine, transmis de génération en génération, reste vivant.

Source : Ici Picardie