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Article publié le 14/01/2021
Mis à jour le 14/01/2021

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Dominique-Joseph René Vandamme : de Cassel à l’Arc de Triomphe

© http://napoleon-monuments.eu

Fidèle compagnon de Bonaparte, le destin d'aventure de cet enfant de Cassel au caractère bien trempé se confond avec les heures les plus riches de l'Histoire de France.

Comme les Grouchy, Cambronne, Hoche ou Jourdan, son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe. Dominique-Joseph René Vandamme, né le 5 novembre 1770 à Cassel (59), en Hauts-de-France, fait partie de ces grands Français méconnus dont le destin se confond avec l’Histoire de France.

Rebelle à toute discipline, aventurier dans l’âme, Napoléon Bonaparte qui le fit général disait de lui :  "Si j'étais obligé de faire la guerre au diable, je l'y enverrai. Il est le seul capable de le mettre à la raison ". De fait, toute la vie de ce fils de chirurgien que rien ne prédestinait à une vie d'aventure aura été marquée par le combat, l’esprit de conquête et de commandement.

À 21 ans, il recrute 700 hommes à Cassel pour former sa propre compagnie militaire

Repéré à Cassel dès l’adolescence pour ses qualités de fougue et d’engagement, il entre à 15 ans à l’école militaire du maréchal de Biron avant d’être nommé sergent en 1789 après un passage au régiment colonial de Martinique. De retour en France en 1791, c’est à Cassel, chez lui, en pleine période révolutionnaire, qu’il accomplit son premier grand fait militaire en recrutant lui-même 700 hommes du Nord pour former une compagnie de chasseurs volontaires. Sous son commandement et composée "à sa main", la compagnie des chasseurs du Mont-Cassel permettra aux forces de la toute jeune République française de remporter, le 8 septembre 1793, la bataille de Hondschoote, près de Bergues, en Hauts-de-France, contre la coalition composée en particulier de la Prusse, de l’Angleterre, de l’Espagne et de l’Italie, hostile aux idées de la révolution.

Dans la foulée de ce fait d’arme, le 23 septembre, Vandamme est nommé général de brigade.  C’est peu de dire que dès lors, sous les effets conjugués d’un caractère très entier, de l’ambition fougueuse et de l’engagement épuisant de la vie militaire dans cette période de notre histoire où s’enchainent les batailles, l’enfant de Cassel ne se fait pas que des amis. La hiérarchie se méfie de lui autant que de ses méthodes parfois abruptes.

Un caractère exécrable mais le soutien de Bonaparte

Un seul homme, pense-t-il alors, peut le comprendre : Bonaparte en personne. À la demande de Vandamme, les deux hommes se rencontrent et se lient d'amitié rapidement. Le 5 février 1799, alors qu’il n’a que 29 ans, Dominique-Joseph René Vandamme est promu général de division et assume avec Jourdan le commandement de la division d'avant-garde de l'armée du Danube.

Avec ses méthodes et toujours un sens aiguisé de l’engagement, il enchaîne alors les faits d’armes, contribuant de façon décisive aux victoires de plusieurs batailles, ce qui continue d'agacer ses détracteurs. À Bâle, il est même accusé de concussion pour avoir, lui reproche-t-on, profité à titre personnel de sommes issues des contributions des pays occupés par sa division. Innocenté et blanchi par le directoire de ces accusations, il repart à nouveau sur le terrain, d’abord avec l’Armée de Batavie du général Brune puis dans l’armée du Rhin avec Lecourbe.

Des victoires dans toute l'Europe et des pistolets d'honneur

Partout où ils passent, l’impétueux Vandamme et ses hommes jouent un rôle déterminant et alignent les plus hauts faits héroïques, de la bataille de Stockach, à celle d'Engen ou de Moskirch. Reconnaissant son génie militaire, Napoléon Bonaparte, alors premier Consul, lui remet des "pistolets d'honneur" avant de le nommer grand officier de la Légion d'honneur.

Mais Vandamme ne s’arrête pas là. Nommé à la tête d’une division de la Grande Armée, il brille à Austerlitz aux côtés du maréchal Soult. Dans la foulée, il assure la campagne de 1806 à la tête d’une division de l’armée de Ney avant de rejoindre le roi Jérôme, frère de Bonaparte. Anobli en 1808, il devient Comte d’Usenbourg.

Àla tête du gigantesque camp de Boulogne-sur-mer

Peu à l’aise dans les salons parisiens, c’est, encore et toujours, l’armée qui l’appelle. Bonaparte lui confie le commandement du fameux Camp de Boulogne destiné à envahir l'Angleterre. À l’intérieur de la grande histoire, la petite retiendra que Vandamme fut mis 24 heures aux arrêts par Bonaparte, peine symbolique, pour avoir réquisitionné  la maison du maire de Boulogne dont il estimait qu’elle lui revenait de droit !  Victime une fois de plus de lui-même et de son caractère, Vandamme finit aussi par se brouiller avec le frère de Bonaparte, le roi Jérôme dont il commande le 8e corps de Westphalie. Ce conflit lui coûtera, dit-on, le bâton de Maréchal, mais ne le coupe pas de la sympathie personnelle, quoique méfiante, que nourrit Bonaparte à son égard.

Jusqu'au bout fidèle à Bonaparte

Une de ses rares défaites, à Kulm, où il sera fait prisonnier puis conduit à Moscou, l’éloignera alors de France jusqu’en 1815. Reprenant ensuite du service, il sera très actif aux cotés de l'empereur dans l’aventure des 100 jours, non sans s’être cordialement fâché avec Grouchy, dont il conteste l’autorité et, surtout, le bâton de Maréchal quand lui, le dévoué et fougueux Vandamme, se l’est vu refuser. Brouillé avec tout le monde ou presque, emportant avec lui son caractère exécrable et entier, il finit par se faire expulser de France vers les États-Unis après la déroute des 100 jours et l'abdication de Bonaparte.  Lorsqu’il reviendra dans son pays natal, en 1819, c’est à Cassel, là où il est né et où il composa lui-même sa toute première armée, qu’il choisit de terminer sa vie d’aventure le 15 juillet 1830. Il y repose toujours aujourd'hui.

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