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Publié le 17/04/2020

Confinement et risques psycho-sociaux, parlons-en !

Besoin de parler, partager son mal-être ou, au contraire, proposer des idées pour vivre au mieux cette période de confinement ? C'est le sens d'initiatives menées par des psychologues.

Se sentir moins angoissé et mieux gérer la période de confinement, c'est l'idée que cultivent certains spécialistes à travers les Hauts-de-France.

Des réponses en Facebook live

Stefanie Böhme est psychologue libérale à Fontaine-Notre-Dame, dans le Cambrésis (59). « Dès le début du confinement, j'ai proposé des téléconsultations à mes patients, même si les cas les plus lourds peuvent difficilement être traités de cette façon ». Pour contribuer à un bien-être ambiant plus large, elle a trouvé une solution complémentaire : lancer un Facebook live quotidien (sauf le dimanche) ouvert à toute personne qui le désire.
« Pour chaque rendez-vous, j'élabore un thème ou je répond aux questions des participants. Il ne s'agit pas d'un suivi thérapeutique mais d'un moment d'échange, d'ouverture, d'expression où on s'écoute et propose des solutions pour trouver son rythme. La durée du confinement devient difficile à supporter et dégrade encore davantage les situations difficiles (la solitude d'une personne isolée, les conflits dans un couple instable...). Elle renforce le clivage entre les personnes enfermées et celles qui ont peur en allant travailler, entre la résignation et la colère. Dans ces moments d'échanges, il est important que chacun puisse exprimer son ressenti, puisse dire qu'il va mal, y compris l'individu qui souffre de la difficulté de devoir rester chez lui ».

Une écoute bienveillante tournée vers la sortie de crise

Célia Kinloch, psychologue clinicienne dans l’Oise, préside l’association « Écoute et vous », basée à Margny-lès-Compiègne (60). Habituellement dédiée aux personnes isolées ou en difficultés d’insertion sociale, elle sert aujourd'hui de plateforme d’écoute et de soutien (le numéro : 03 62 02 81 81). « Les personnes qui nous appellent éprouvent un sentiment de solitude, de pression morale ou de difficulté matérielle. Les risques et difficultés psychologiques sont bien présents, surtout pour des personnes souffrant déjà de troubles ».
L'association compte une vingtaine de personnes qui se relaient pour cette écoute bienveillante et anonyme, du lundi au samedi de 8h à 22h. « Il s'agit parfois d'échanger, mais parfois aussi de relever une situation d'urgence qui nécessite une vraie intervention. Avec les beaux jours et la perspective du 11 mai, on peut imaginer que la situation s'apaise, mais rien ne le garantit. Il ne faut pas non plus minimiser les difficultés du type dépression qui surgiront encore plusieurs mois après la fin du confinement », prévient Célia Kinloch.

Mobilisation nationale

Chaque personne vit le confinement à sa façon. En cas de difficulté, n'hésitez pas à joindre des proches ou contacter des plateformes d'aide, à l'heure où les lignes du 15 sont déjà fortement sollicitées.

  • Le Ministère des solidarités et de la santé a mis en place un numéro vert national pour le grand public : le 0 800 130 000, accessible 7j/7 et 24 h/24.
  • Depuis le 6 avril, le Samu Social International et l'association « Les Transmetteurs » proposent, eux aussi, une nouvelle plateforme d'écoute téléphonique gratuite (7j/7, de 9h à 21h.), SOS Confinement au 0 800 19 00 00. 150 bénévoles seront au bout du fil pour écouter, apaiser ou orienter les personnes qui se sentent fragilisées dans ce contexte de confinement.

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