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Article publié le 08/08/2025
Mis à jour le 08/08/2025

Communiqué de presse : vers un nouveau cadre européen qui menace notre souveraineté alimentaire et fragiliserait nos agriculteurs

Alors que la Commission européenne a présenté le 16 juillet dernier son cadre financier pluriannuel post 2027 et le projet de réforme de la future Politique Agricole Commune (PAC), la Région et la Chambre régionale d’agriculture expriment leur opposition aux nouvelles orientations annoncées qui, si elles se concrétisaient, fragiliseraient davantage les exploitations agricoles des Hauts-de-France.

Les Hauts-de-France, terre agricole emblématique

Terre de polyculture d’élevage et de productions céréalières, la région Hauts-de-France, avec ses plus de 2 millions d’hectares de terres agricoles, joue un rôle essentiel pour nourrir les Français et au-delà, grâce notamment à ses productions emblématiques, comme la pomme de terre, l’endive ou encore la betterave à sucre.

À cela s’ajoute un tissu agroalimentaire particulièrement dense, étroitement lié à la production régionale de matières premières agricoles. La région Hauts-de-France occupe la 1ʳᵉ place nationale dans le domaine des produits amylacés (fabriqués à partir d’amidon), concentrant 80 % des salariés français du secteur. Elle se positionne également en 2ème position pour les légumes transformés, assurant un quart de la production surgelée nationale et regroupant un quart des effectifs du secteur.
Malgré ce patrimoine, les exploitations agricoles de la région restent fragiles et subissent de nombreuses pressions, qu’il s’agisse des impacts du changement climatique, des tensions géopolitiques, ou encore la réglementation qui peut entraver leur compétitivité.

Une baisse des aides au titre de la PAC pour les agriculteurs

Depuis près de dix ans, les agriculteurs de la région subissent une baisse continue des aides perçues au titre de la PAC. Entre 2022 et 2023, cette diminution s'est traduite par une perte globale de plus de 25 millions d’euros d’aides. Certaines exploitations ont été plus impactées, notamment l’élevage bovin viande, qui enregistre une perte moyenne de 1 500 euros par exploitation sur cette période.

Dans ce contexte, et après avoir pris connaissance des annonces de la Commission européenne du 16 juillet, la Région et la Chambre régionale d’agriculture dénoncent conjointement :

  • La baisse forte du budget de la future PAC : - 21% par rapport à la période actuelle, et même - 40% en tenant compte de l’inflation ;
  • La dilution de la PAC dans un fonds unique et sa renationalisation accrue, avec des conséquences potentiellement négatives pour les filières de transformations régionales qui risquent d’être mises à mal par la concurrence de pays apportant des matières plus compétitives ;
  • La nouvelle architecture de la future PAC qui pourrait aboutir à la disparition de ses 2 piliers, et ajoute ainsi de l’instabilité, de la confusion et un manque de visibilité pour les agriculteurs.