La Région Hauts-de-France renouvelle son engagement en faveur du devoir de mémoire et lance un nouvel appel à candidatures pour permettre à des lycéens de travailler sur la mémoire de la Shoah. Une année anniversaire pour ce dispositif qui fête ses 30 ans et s’appelle désormais « Hauts Cœur de Mémoire ». Les lycées intéressés peuvent déposer leur candidature du 1er octobre au 15 décembre 2026.
Sensibiliser le plus possible les jeunes à la Shoah, au racisme et à l’antisémitisme, tel est le sens de la politique volontariste menée par les Hauts-de-France. Menée en partenariat avec les autorités académiques de Lille et Amiens et le Mémorial de la Shoah, depuis 1996.
Elle a touché pas moins de 180 établissements scolaires (pour plus de 1 760 lycéens) depuis son lancement et va s’intensifier.
Permettre aux jeunes de perpétuer le devoir de mémoire
En mettant en place ce travail de mémoire, la Région Hauts-de-France a souhaité s’engager dans une politique volontariste en direction des jeunes. Dans ce cadre, l’objectif est de développer l’apprentissage de la citoyenneté et l’esprit de solidarité et de tolérance comme rempart au racisme, à l’antisémitisme et à toutes formes de discriminations, en élevant le travail d’histoire et de mémoire de la Shoah au rang d’obligation citoyenne.
Organisation désormais annuelle
La Région réaffirme en effet cet engagement avec le lancement de l’appel à projets pour l’année 2023/2024. Il aura pour but de sensibiliser les jeunes à cette période de l’Histoire à travers un déplacement mémoriel (organisé fin 2024) au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, pour les établissements et leurs élèves ayant rendu un dossier de candidature motivé. Ce déplacement (d’une durée de deux jours) en Pologne sera complété par un travail de préparation en amont, et un temps de restitution au retour.
Le dispositif régional évolue toutefois puisqu’il sera désormais organisé tous les ans, et non plus tous les deux ans. Cette décision s’explique par la disparition progressive et inéluctable des derniers témoins directs et la nécessité d’accélérer la sensibilisation d’un nombre grandissant d’ambassadeurs, en particulier donc les jeunes lycéens.
Un dispositif pour les lycéens et en faveur du travail de mémoire
La Région Hauts-de-France a ainsi reconduit son opération « Travail de mémoire » sur les années scolaires 2023- 2024 et 2024-2025, lors de la commission permanente de ce jeudi 25 mai. Elle a décidé d’allouer une subvention de 113 000 € à l’association du Mémorial de la Shoah, pour l’organisation du déplacement au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau des groupes de lycéens des Hauts-de-France.
L’appel à projets à destination des lycéens sera lancé à l’automne 2023, afin de retenir les établissements intéressés par le dispositif. Un travail sera mené avec les classes de Première sélectionnées, qui élaboreront un projet en lien avec le devoir de mémoire, et qui participeront au déplacement l’année suivante, au cours de leur année de Terminale.
Hauts Cœur de Mémoire : transmettre la mémoire aux lycéens des Hauts-de-France
La Région Hauts-de-France renouvelle son engagement en faveur du devoir de mémoire et lance un nouvel appel à candidatures pour permettre à des lycéens de travailler sur la mémoire de la Shoah. Une année anniversaire pour ce dispositif qui fête ses 30 ans et s’appelle désormais « Hauts Cœur de Mémoire ». Les lycées intéressés peuvent déposer leur candidature du 1er octobre au 15 décembre 2026.
Transmettre l’histoire pour mieux comprendre le présent. Depuis 30 ans, la Région Hauts-de-France accompagne les lycéens dans un travail de mémoire autour de la Shoah et de l’histoire du nazisme. Avec Hauts Cœur de Mémoire, elle lance un nouvel appel à projets pour permettre à une nouvelle génération de s’engager dans ce parcours pédagogique et citoyen.
Hauts Cœur de Mémoire : l’appel à projets ouvre le 1er octobre
Du 1er octobre au 15 décembre 2026, les lycées des académies de Lille et d’Amiens pourront déposer leur candidature au nouvel appel à projets Hauts Cœur de Mémoire 2026-2028.
Une vingtaine de groupes d’élèves particulièrement motivés seront sélectionnés sur dossier. Les établissements retenus seront annoncés le 15 janvier 2027.
L’ambition du dispositif va au-delà de la connaissance historique. À travers un projet pédagogique construit avec leurs enseignants, les lycéens sont invités à travailler sur la mémoire de la Shoah et l’histoire du nazisme, mais aussi à interroger les valeurs de citoyenneté, de solidarité et de tolérance.
L’objectif : leur donner les clés pour comprendre l’histoire et faire de sa transmission un rempart contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discriminations.
Les candidatures sont à déposer en ligne jusqu’au 15 décembre 2026.
Deux années pour apprendre, comprendre et transmettre
Pour les lycéens sélectionnés, Hauts Cœur de Mémoire constitue un véritable parcours pédagogique construit sur deux années scolaires.
Dès janvier 2027, les élèves, alors en classe de Première, commenceront à travailler avec leurs enseignants autour de l’histoire, de la mémoire et de la citoyenneté. Ce travail se poursuivra jusqu’en juin, puis reprendra à leur entrée en Terminale en septembre 2027.
Un temps de formation sera également proposé aux enseignants en octobre.
Les 16 et 17 novembre 2027, le parcours connaîtra l'un de ses temps forts avec un déplacement mémoriel à Cracovie et Auschwitz-Birkenau.
Sur place, les élèves se rendront notamment sur le site de l’ancien camp allemand nazi de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Ce déplacement leur permettra d’approfondir le travail engagé en classe sur la Shoah et sur la culture juive de Pologne, anéantie par le nazisme.
Mais le parcours ne s’arrêtera pas au retour. En mars, avril et mai 2028, les lycéens seront à leur tour invités à transmettre ce qu’ils auront appris et compris, à travers différents temps de restitution. Une formation et un temps de restitution destinés aux enseignants seront également organisés en avril 2028.
30 ans d’engagement pour transmettre la mémoire
1996-2026 : cela fait 30 ans que la Région s’engage dans cette démarche de transmission auprès des jeunes générations.
Organisés tous les deux ans avec l’appui des autorités académiques et du Mémorial de la Shoah, ces parcours ont permis, au fil des éditions, à plus de 2 120 lycéens issus d’environ 240 établissements de participer à ce travail de mémoire.
Une démarche qui se prolonge bien au-delà des déplacements : dans les établissements, les élèves et leurs enseignants ont donné naissance à de nombreux projets et travaux de restitution, notamment dans les lycées professionnels.
Avec Hauts Cœur de Mémoire 2026-2028, une nouvelle génération de lycéens prendra le relais.
Apprendre l’histoire, transmettre la mémoire et donner aux jeunes les clés pour comprendre le présent et construire l’avenir.
Hauts Cœur de Mémoire : les voix des lycéens des Hauts-de-France résonnent au Siège de Région
Ce 22 avril, la Région Hauts-de-France a organisé en son Siège la première restitution collective des lycéens impliqués dans le dispositif "Hauts Cœur de Mémoire 2023-2025. Ils témoignent.
Lille, mardi 22 avril 2025 , le Siège de la Région Hauts-de-France a vibré au rythme des échanges et des réflexions des lycéens engagés dans l'appel à projets "Hauts Cœur de Mémoire". Cette première édition de la restitution collective des travaux a marqué un temps fort, offrant aux jeunes une plateforme inédite pour partager leurs apprentissages et leurs émotions.
Une restitution collective dans un contexte poignant
Alors que les années précédentes voyaient chaque établissement valoriser individuellement ses projets, cette rencontre a permis de réunir les vingt lycées participants à la session 2023-2025. L'atmosphère était palpable : celle d'une jeunesse consciente de l'importance de l'histoire et désireuse de confronter ses regards sur des thématiques aussi cruciales que la Shoah, le nazisme et la collaboration.
L'événement s'est déroulé dans le contexte du 80ᵉ anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau, ce qui a donné une profondeur particulière aux discussions et aux présentations.
Exposition et de réflexion
Dès 9h, les lycéens ont été accueillis chaleureusement avant de se plonger dans l'exposition de panneaux retraçant la richesse et la diversité de leurs travaux. Les clichés percutants du photographe Julien Dhervillez, capturés lors du voyage mémoriel de 2023, ont également suscité une vive émotion.
Ateliers thématiques et témoignage poignant
Le premier atelier, animé par la question "Pourquoi avoir choisi d’évoquer l’antisémitisme et les persécutions des Juifs pour aboutir à l’étude du complexe d’Auschwitz ?", a lancé des discussions profondes et éclairantes. L'atelier numéro deux s'est concentré sur la signification des lieux de mémoire, tandis que l'atelier numéro 3 a exploré les parcours de mémoire locaux, ancrant l'histoire dans le territoire des Hauts-de-France.
Le moment le plus marquant de l'après-midi a sans aucun doute été l'intervention de Lili Keller-Rosenberg, rescapée de la Shoah. Son témoignage, d'une force et d'une humanité bouleversantes, a profondément marqué les jeunes participants, touchés par son récit et ses échanges avec la journaliste Elsa Grenouiller, également réalisatrice de la série documentaire "Lili Keller-Rosenberg, une vie, une voix".
"Quand il n’y aura plus de déportés, ce seront ces jeunes, mes petits messagers, qui parleront", témoigne Lili Keller-Rosenberg.
Elle a souligné également la responsabilité des jeunes générations à perpétuer la mémoire, notamment en rappelant une parole de Simone Veil, ancienne déportée et figure politique française : "J'ai le sentiment que le jour où je mourrai, c'est à la Shoah que je penserai".
Témoignages de lycéens
Cette restitution collective a été l'occasion pour nos lycéens de livrer leurs témoignages et sentiments après s'être rendus au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau et avoir rencontré Lili Keller-Rosenberg. "Ce voyage m'a profondément marqué. Voir de mes propres yeux les lieux où tant de vies ont été brisées m'a fait prendre conscience de l'importance de la mémoire. Je suis fier d'avoir pu rencontrer Lili Keller-Rosenberg et d'entendre son témoignage. C'est maintenant à nous de transmettre cette histoire à nos proches", livre Clément L. du lycée Agricole et Vitocole de Crézancy. Marie S. lycéenne du lycée Louis Pasteur de Lille ajoute : "Rencontrer une rescapée comme Lili Keller-Rosenberg a été une expérience bouleversante. Son courage et sa volonté de témoigner malgré la douleur m'inspirent. Je me sens investie d'une mission : celle de partager ce que j'ai appris et ressenti pour que jamais l'oubli ne s'installe".
Une journée, un espace d'échange et de partage
La conseillère régionale Mady Dorchies a clôturé la journée en rappelant l'engagement de la Région Hauts-de-France auprès de sa jeunesse, qu'elle souhaite engager durablement dans une politique d'éducation à la tolérance et à la paix. "Accompagner le devoir de mémoire auprès des jeunes de la région, pour ne pas oublier les atrocités du passé, est primordial pour la Région", a indiqué Mady Dorchies.
Chaque participant s'est vu remettre une attestation d'engagement, symbole de leur implication dans ce travail de mémoire essentiel.
Cette première restitution collective des travaux des lycéens témoigne de la pertinence de l'appel à projets "Hauts Cœur de Mémoire" de la Région Hauts-de-France. En offrant un espace d'échange et de partage, la Région réaffirme son rôle essentiel dans la transmission de l'histoire aux jeunes générations, les encourageant à devenir des citoyens éclairés et respectueux du passé pour mieux construire l'avenir.
Voyage mémoriel à Auschwitz : des lycéens plongent au cœur de l’histoire
Les 15 et 16 novembre 2023, plus de 100 élèves de 20 lycées des Hauts-de-France se sont rendus en Pologne pour visiter le site de l’ancien camp d’Auschwitz-Birkenau, ainsi que l’ancien quartier juif de Cracovie. Un voyage essentiel pour le travail de mémoire.
Accompagner le devoir de mémoire auprès des jeunes de la région, pour ne pas oublier les atrocités du passé, est primordial pour la Région. La visite de lieux de mémoire, contribue au travail de mémoire. C’est tout le sens du voyage mémoriel réalisé les 15 et 16 novembre 2023, à Cracovie et sur le site de l’ancien camp d’Auschwitz-Birkenau, par 120 lycéens des Hauts-de-France.
Devoir de mémoire : une Région fortement engagée
C’est au travers de son dispositif "Travail de mémoire" que la Région s’engage auprès des jeunes pour faire vivre la mémoire et sensibiliser. En effet, ce dispositif, qui existe depuis 1996, fait des lycéens des Hauts-de-France des acteurs engagés dans la recherche et la transmission mémorielle.
En partenariat avec les autorités académiques de Lille et Amiens, de la DRAAF et du Mémorial de la Shoah, la Région Hauts-de-France est engagée dans une politique volontariste, d’éducation à la tolérance et à la paix, en direction des jeunes. Pour rappel, ce dispositif s’adresse aux élèves de première, dont des enseignants ont répondu à un appel à projets, et leur permettent de mener, pendant deux ans, un projet pédagogique sur la Shoah, dont le cœur du dispositif est le déplacement mémoriel sur le site de l’ancien camp d’Auschwitz-Birkenau.
Consciente de l’importance de ce dispositif pour la transmission, et avec la disparition inéluctable des témoins de cette période, la Région a décidé de le renouveler chaque année, et non plus tous les deux ans.
Un voyage essentiel
Ce voyage mémoriel constitue l’essence même du dispositif régional. "Il [le voyage mémoriel] est important car il permet à des lycéens de réfléchir à la citoyenneté et surtout l’antisémitisme, au regard de ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde", affirme Maddy Dorchies-Brillon, élue régionale, en charge du devoir de mémoire. "La découverte d’un lieu comme celui-ci [l’ancien camp d’Auschwitz-Birkenau], marqué par les atrocités de l’histoire, par des élèves, chargés d’un projet de recherche, donne une autre approche de l’histoire, qui complète le travail des enseignants. Il permet de réfléchir sur les enjeux de la mémoire et de la citoyenneté", explique Olivier Lalieu, historien au Mémorial de la Shoah.

Se rendre compte
La Région a accompagné durant ces deux jours les 120 lycéens engagés dans ce travail mémoriel, et une chose est sûre, ils sont rentrés en Hauts-de-France changé et bouleversé par ce qu’ils ont vu et appris. "Se retrouver ici à Auschwitz ça rend réel les choses", nous confie l’une des élèves. "Ça me bouleverse de me rendre compte que des personnes, qui me ressemblent, ont pu souffrir aussi atrocement en raison de leur origine et de leur religion, livre Hermine élève au Lycée Frédéric et Irène Joliot-Curie d’Hirson (02). Il est important de venir ici pour se rendre compte de l’ampleur de l’antisémitisme".
Ariane, lycéenne au lycée Eugène-Wolliez de Montreuil-sur-Mer (62) nous raconte : "Ce qui m’a marqué, c’est lorsque nous sommes entrés dans le camp d’Auschwitz-1. Nous avons vu, dans une salle, où nous n’avions pas le droit de prendre de photos, des montagnes de cheveux entremêlés et entassés. C’est à ce moment que j’ai réalisé que chaque mèche de cheveux appartennait à une personne différente. C’est tellement représentatif sur le nombre de personnes qui ont été tuées. Nous nous rendons compte de la réalité du massacre".

L’intention de transmettre
Après ces deux jours intenses, beaucoup de lycéens sont repartis avec cette mission : d’être à leur tous des "passeurs de mémoire". "Aujourd’hui, les témoins de cette terrible période de l’histoire sont de plus en plus rares. J’ai à cœur de transmettre ce que nous avons vu durant ces deux jours et ce que nous avons appris tout au long de notre projet, pour ne pas oublier", livre un lycéen.
En début d’année 2024, les élèves présenteront ce qu’ils ont appris à d’autres jeunes de la région, pour transmettre la mémoire de la Shoah.
Depuis 1996 le dispositif "Travail de mémoire" c’est :
- 180 établissements concernés
- 1760 jeunes mobilisés dans un travail pédagogique
Lili Keller-Rosenberg : un témoignage poignant au cœur du devoir de mémoire
Ce mardi 5 décembre 2023, Lili Keller-Rosenberg, ancienne déportée de la Shoah, née à Croix (59), était présente à Château-Thierry (02), pour livrer une conférence et sensibiliser le jeune public à cette terrible période de l'histoire, qu'est la Shoah. Ce rendez-vous s'inscrit dans le devoir de mémoire, dans lequel la Région Hauts-de-France est pleinement engagée via une politique d’éducation à la tolérance et à la paix forte.
Le lycée Agro-Viticole de Crézancy (02) s'engage résolument dans le "devoir de mémoire". Sous la houlette de leur professeur d'Histoire, Madame Pluvinage, l'établissement est pleinement investi dans la formation de futurs citoyens, afin de lutter contre l'oubli et l'obscurantisme.
Un projet ambitieux
Cette année, dans le cadre de l’opération régional "Hauts Cœur de Mémoire", six élèves de terminale STAV (Science et Technologie de l’Agronomie et du Vivant) ont initié un projet pédagogique qui porte sur la Shoah. Avec le soutien du Mémorial de la Shoah, de la Région et du Ministère des Armées, les élèves ont entrepris un travail pédagogique portant sur la Shoah, et centré sur "le cinéma face à la Shoah". Un projet qui les a conduits à réaliser un voyage d’étude en Pologne et leur a permis de visiter des lieux emblématiques, de cette terrible période de l’histoire, comme le ghetto juif de Cracovie et le site de l’ancien camp d’Auschwitz-Birkenau.
Une exposition poignante
En complément, une exposition prêtée par le Mémorial de Yad Vashem est actuellement accessible au CDI du lycée, ouvert les mercredis après-midi. L'objectif : sensibiliser un large public à cette période cruciale de l'histoire, inscrite dans la mémoire collective.
La venue exceptionnelle de Madame Keller-Rosenberg
C’est dans ce contexte, de travail de mémoire, que Lili Keller-Rosenberg, ancienne déportée de la Shoah, était présente au Palais des Rencontres à Château-Thierry ce mardi 5 décembre pour rendre une conférence et partager son expérience pendant plus de deux heures face à une assemblée de 450 personnes composées essentiellement de collégiens et de lycéens de Château-Thierry. Cette conférence matérialise le point culminant du projet des six élèves de terminale STAV, en tant que "passeurs de mémoire".
Lilli : l'infatigable passeuse de mémoire
Cette rencontre a été rendue possible grâce à la collaboration avec la ville de Château-Thierry pour la mise à disposition du Palais des Rencontres et le partenariat avec la régie des transports de l’Aisne (RTA), qui a gracieusement acheminé les élèves sur le lieu de la rencontre.
Reconnaissance et héritage : une salle en l’honneur de Madame Keller-Rosenberg
En signe de gratitude pour Lili Keller-Rosenberg, une salle du lycée de Crézancy porte désormais son nom. Une initiative prise par ces six élèves.

Un rendez-vous impérissable pour l'Histoire
Cette journée du 5 décembre fut un moment impérissable pour le lycée Agro-Viticole de Crézancy. Entre les témoignages poignants de Madame Keller-Rosenberg, la cérémonie de dévoilement de la plaque au lycée et la présence de centaines de jeunes venus de différents établissements, cet événement inscrit résolument le lycée dans la lignée du devoir de mémoire, dans lequel la Région Hauts-de-France est pleinement investie.
Devoir de mémoire, plus que jamais dans nos lycées
La Région, engagée durablement dans une politique d’éducation à la tolérance et à la paix, renforce son engagement envers le travail d’histoire et de mémoire auprès des lycéens.
Sensibiliser le plus possible les jeunes à la Shoah, au racisme et à l’antisémitisme, tel est le sens de la politique volontariste menée par les Hauts-de-France. Menée en partenariat avec les autorités académiques de Lille et Amiens et le Mémorial de la Shoah, depuis 1996.
Elle a touché pas moins de 180 établissements scolaires (pour plus de 1 760 lycéens) depuis son lancement et va s’intensifier.
Permettre aux jeunes de perpétuer le devoir de mémoire
En mettant en place ce travail de mémoire, la Région Hauts-de-France a souhaité s’engager dans une politique volontariste en direction des jeunes. Dans ce cadre, l’objectif est de développer l’apprentissage de la citoyenneté et l’esprit de solidarité et de tolérance comme rempart au racisme, à l’antisémitisme et à toutes formes de discriminations, en élevant le travail d’histoire et de mémoire de la Shoah au rang d’obligation citoyenne.
Organisation désormais annuelle
La Région réaffirme en effet cet engagement avec le lancement de l’appel à projets pour l’année 2023/2024. Il aura pour but de sensibiliser les jeunes à cette période de l’Histoire à travers un déplacement mémoriel (organisé fin 2024) au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, pour les établissements et leurs élèves ayant rendu un dossier de candidature motivé. Ce déplacement (d’une durée de deux jours) en Pologne sera complété par un travail de préparation en amont, et un temps de restitution au retour.
Le dispositif régional évolue toutefois puisqu’il sera désormais organisé tous les ans, et non plus tous les deux ans. Cette décision s’explique par la disparition progressive et inéluctable des derniers témoins directs et la nécessité d’accélérer la sensibilisation d’un nombre grandissant d’ambassadeurs, en particulier donc les jeunes lycéens.
Un dispositif pour les lycéens et en faveur du travail de mémoire
La Région Hauts-de-France a ainsi reconduit son opération « Travail de mémoire » sur les années scolaires 2023- 2024 et 2024-2025, lors de la commission permanente de ce jeudi 25 mai. Elle a décidé d’allouer une subvention de 113 000 € à l’association du Mémorial de la Shoah, pour l’organisation du déplacement au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau des groupes de lycéens des Hauts-de-France.
L’appel à projets à destination des lycéens sera lancé à l’automne 2023, afin de retenir les établissements intéressés par le dispositif. Un travail sera mené avec les classes de Première sélectionnées, qui élaboreront un projet en lien avec le devoir de mémoire, et qui participeront au déplacement l’année suivante, au cours de leur année de Terminale.
Auschwitz : les lycéens des Hauts-de-France témoignent
Dans le cadre de son engagement en faveur de l'éducation à la tolérance et à la paix, face au racisme, à l’antisémitisme et à toutes formes de discrimination, la Région a sélectionné 20 groupes de lycéens des Hauts-de-France, particulièrement motivés, pour participer à un déplacement à Auschwitz à l’automne 2019, au cours de leur année de terminale.
Ils se sont préparés pendant toute leur année de première. 120 élèves de 20 lycées de la région ont été sélectionnés sur la base de leur projet et de la qualité de leur candidature. Les 13 et 14 novembre 2019, ils se sont rendus avec leurs professeurs dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Transmettre la Mémoire par l'image
À Compiègne, les élèves du lycée Jean-Paul II ont décidé de réaliser un reportage vidéo pour partager leur expérience. "La moitié du groupe est en spécialité audiovisuelle, et d'autres élèves qui n'avaient pas pu prendre part au voyage d'étude ont souhaité participer à la production de la vidéo, explique Claire Charles, leur professeure d'histoire. De la prise d'image au montage, en passant par la composition de la musique (jouée par l'orchestre du lycée), ou la voix-off, ils ont tout fait eux-mêmes !"
Au cours de leur travail, les lycéens se sont plongés "dans la détresse des déportés", se sont interrogés sur la place accordée à la Mémoire. Ils ont commencé leur voyage avec la visite du camp de transit et d’internement de Royallieu situé près de leur établissement scolaire, pour aller au bout de l'horreur, jusqu'à Auschwitz : "cet espace immense et désolé fait prendre conscience de l’amplitude du crime nazi. L’humiliation vécue dans les camps était encore palpable, malgré la destruction des chambres à gaz et crématorium…".
"Il est difficile de réaliser ce qui s’est passé là-bas sans y être allé, ou tout du moins avoir vu des images". Avec son reportage, le groupe d'élèves souhaite aujourd'hui témoigner auprès de lycéens et de collégiens. "Nous sommes des Passeurs de Mémoire", résument-ils.
Sur les traces d'Ida Grinspan
Les élèves du lycée Jean Rostand, à Chantilly (60), ont choisi de travailler sur la mémoire d'une rescapée d'Auschwitz, Ida Grinspan, qui venait de décéder au début de leur travail de mémoire en septembre 2018.
Ils ont retracé son parcours en visitant le mémorial de la Shoah à Paris et Drancy, d'où elle fut déportée. La visite du camp d'Auschwitz a été très marquante pour les lycéens : "il n’était pas possible de se rendre vraiment compte de la taille du complexe concentrationnaire ni de la réalité de son fonctionnement avant ce voyage même en ayant étudié cette question en classe", expliquent-ils.
Quelques semaines leur ont été nécessaires pour "digérer" cette expérience et pouvoir la partager avec les autres élèves de leur classe. Ils prévoient également une exposition qui leur permettra de "continuer à porter le message des témoins disparus" auprès de l'ensemble des élèves de leur établissement.



