Mis à jour le 18/06/2025
85 ans après l’Appel du 18 juin : transmettre la mémoire, éveiller les consciences !
Il y a 85 ans, le général de Gaulle lançait depuis Londres un appel à refuser la défaite et à poursuivre le combat pour la liberté. Aujourd’hui, la Région Hauts-de-France s’inscrit dans cette mémoire vivante en rendant hommage à ceux qui ont incarné cet esprit de résistance.
Des plages de la Côte d’Opale aux plaines de la Somme, des blockhaus du littoral aux champs de bataille de l’Artois, les Hauts-de-France sont une terre marquée par les grandes fractures du XXᵉ siècle.
En ce 85ᵉ anniversaire de l’Appel du 18 juin, la Région réaffirme son attachement au devoir de mémoire, en particulier auprès des jeunes générations, pour que les leçons de l’Histoire continuent de vivre et d’éclairer notre présent.
Une région au cœur des grandes tragédies du XXe siècle
La Première Guerre mondiale, la Seconde, l’occupation, les réseaux de Résistance, les Déportations : les Hauts-de-France ont été le théâtre de drames majeurs. Le territoire est traversé de lieux chargés d’Histoire : Notre-Dame-de-Lorette, Vimy, les tranchées de la Somme, les mémoriaux de la Résistance à Bondues ou au Fort de Seclin. Ces lieux ne sont pas figés : ils sont vivants, animés par une volonté de transmettre.
Un travail constant de pédagogie
La Région soutient chaque année de nombreuses initiatives : voyages mémoriels à Auschwitz, ateliers pédagogiques, projets artistiques en lien avec l’histoire locale, partenariats avec les musées et institutions.
Elle finance aussi la restauration de monuments, et accompagne les enseignants dans l’élaboration de projets pédagogiques mémoriels. En 2024, des milliers de lycéens ont ainsi participé à des parcours éducatifs autour de la Résistance et de la Shoah.
L’enjeu est aussi de faire comprendre que la mémoire n’est pas un monument figé, mais un héritage vivant. En croisant les regards sur différentes mémoires, celle de la Résistance, des conflits mondiaux, des immigrations, la Région met en avant une pédagogie de l’engagement, de la paix, de la tolérance.
Transmettre, pour construire l’avenir
Dans un contexte marqué par la résurgence des extrémismes et la banalisation des discours de haine, le devoir de mémoire n’est pas un rituel : c’est un acte citoyen, un rempart contre l’oubli et l’indifférence. Pour les Hauts-de-France, terre de mémoire et de résilience, cette mission est plus que jamais essentielle !
Un appel qui résonne encore aujourd'hui
Il est environ 22 heures ce 18 juin 1940 quand le canal 265 des courtes ondes de la BBC diffuse cet appel : "Le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! ". Brouillée par les parasites, la voix semble lointaine, presque irréelle, fragile, mais elle est déterminée : c’est la voix de la France Libre, celle de Charles de Gaulle, qui appelle à la résistance au moment où, la veille au soir, Philippe Pétain annonçait à la radio française son intention de capituler et de signer un armistice avec l’Allemagne nazie.
"Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ".
Chaque mot de cet appel enregistré dans l’après-midi dans un studio de la BBC est pesé et soigneusement pensé. Arrivé à Londres la veille de sa diffusion, de Gaulle sait en effet que Pétain va capituler et il a déjà en tête l’idée de poursuivre les combats. Pour cela, il doit négocier l’accord des Britanniques, alliés de la France.
La radio comme une arme politique
Dans l’après-midi du 17 juin, il rencontre Churchill pour lui exposer son plan. Ce dernier lui apporte alors son soutien et met à sa disposition, non sans contrôle, les moyens radiophoniques de la BBC. Privé d’armée et de matériel, de Gaulle fera de la radio une arme politique. Émettant dans toute l’Europe grâce à ses émetteurs en grandes ondes et en ondes courtes, la BBC est puissante et influente. Elle est cependant peu écoutée en France. C’est la presse, encore relativement libre, qui reprenant dès le 19 juin 1940 le texte intégral de l’appel, parfois en une, en assurera la diffusion populaire dans l’Hexagone.
Au-delà du faible nombre de volontaires ayant entendu ou lu l’appel et rejoint de Gaulle à Londres pour combattre, l’appel du 18 juin marque surtout l’acte de naissance historique et politique de la France Libre. Il est également un marqueur fondamental du Gaullisme et de « cette certaine idée de la France » à laquelle notre Région a rendu un hommage tout particulier en 2020 lors de l'année de Gaulle.