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Article publié le 10/11/2020
Mis à jour le 18/11/2020

Le 11 novembre 1918, à 5h20 du matin, l’Allemagne rendait les armes à Compiègne

Le 11 novembre 1918, la signature de l'Armistice à Compiègne mettait fin à la guerre la plus meurtrière de tous les temps. Jusqu'au bout, les Allemands ont essayé de négocier face à un Maréchal Foch inflexible.

C’est un habitant d’Auchel, dans le Pas-de-Calais, qui fût, ce 5 novembre 1918, le premier informé de la demande d’Armistice de l’Allemagne. Alors caporal en poste au centre télégraphique de la tour Eiffel, c’est lui, Maurice Hacot, qui reçoit à 6 heures du matin un message en morse de l’État-major allemand demandant l’arrêt des combats. Acculé sur tous les fronts, l’Allemagne veut rendre les armes après quatre ans d’une guerre qui restera dans l’Histoire du monde comme la plus meurtrière de tous les temps, tuant près de 10 millions de soldats, autant de civils, et faisant plus de 21 millions de blessés et de mutilés.  Il faudra attendre encore six jours, le temps qu’un incroyable ballet diplomatique suive son cours entre l’Allemagne et les Alliés pour que l’Armistice soit officiellement signé dans la clairière de Rethondes, au cœur de la forêt de Compiègne.

Un lieu tenu secret jusqu'à la dernière minute

C’est presque par hasard que ce lieu a été retenu. L'état-major voulait en effet trouver un endroit à la fois discret tout en permettant de recevoir deux trains distincts : celui de la délégation alliée comprenant le wagon salon du Maréchal Foch, et celui mis à la disposition des Allemands. Pas simple. En consultant les cartes ferroviaires, les Français redécouvrent alors un ancien épi de tri désaffecté au Francport, lieu-dit rattaché à la commune de Choisy-au-Bac, dans l’Oise, tout près de Compiègne. Ce sera là.

Trois jours avant l’Armistice, le 8 novembre, à 5h30 du matin, les deux trains sont acheminés sur place. De leur côté les Allemands sont pris en charge à la frontière belge par des militaires français, chargés de les conduire vers le lieu de signature de l’armistice, qu’ils ne connaissent pas. Six voitures composent le convoi. Après un bref arrêt pour se restaurer à Homblières, dans l’Aisne, ils se rendent à la gare de Tergnier, dans l’Aisne toujours, où un train les attend pour les conduire jusqu’au lieu secret de la forêt de Compiègne.

"Demandez vous un Armistice ?"

Sombre et entouré par les arbres, l’endroit est austère. Les allemands découvrent en effet une minuscule futaie simplement traversée par les deux voies ferrées parallèles où sont parqués les trains côte à côte, entre lesquels un chemin de fortune en caillebotis a été aménagé pour permettre les allers et venues des négociateurs. D’emblée, comme il le confirmera dans ses mémoires, le représentant du gouvernement allemand, Matthias Erzberger, pressent les heures qui s’annoncent comme, écrit-il "un véritable calvaire". Il pense pouvoir encore négocier, en tous cas alléger les conditions de sa reddition. Reçu à 10 heures par le maréchal Foch qui l’attend, debout, dans son confortable wagon salon, il comprend rapidement qu’il n’obtiendra rien, ou presque. S'en suit alors ce dialogue entré dans l'histoire :

  • "Qu'est-ce qui amène ces Messieurs ? ", demande Foch tout de go.
  • "Quelles sont vos propositions", rétorque Erzberger.
  • "Je ne suis autorisé à vous les faire connaître que si vous demandez un armistice. Demandez-vous un armistice ? ", répond alors le Français.
  • " Oui, nous le demandons ", se soumet alors l’Allemand, conscient qu’il n’obtiendra rien.

Un texte très dur pour les allemands , "humiliant" diront-ils plus tard, fixe alors les conditions de l’Armistice. Le lendemain, le 11 novembre, à 2 h 15 du matin, Erzberger et sa délégation allemande se rendent une ultime fois dans le wagon français, tentant trois heures durant de négocier des assouplissements.  En vain. Foch est immuable. En cette matinée glaciale, à 5 h 20 du matin, l'Armistice est signé. Les combats sur l’ensemble des fronts doivent cesser à 11 heures du matin. Ce dernier jour de guerre, 40 000 soldats sont morts au combat.