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Publié le 07/04/2016
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Le FIGRA attire de plus en plus de jeunes et d’habitués

Le Figra, Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société est devenu un rendez-vous incontournable pour de nombreux fidèles et pour les professionnels.

Du 30 mars au 3 avril, plus de 70 documentaires ont été projetés. Le grand prix a été décerné au film « Au nom de l’ordre et de la morale » qui lève le voile sur un pan méconnu - et sombre - de l’histoire de la Suisse.

Chaque année depuis 23 ans !

Frédérique Bruhier habite à Merlimont, à une dizaine de kilomètres du Touquet. Depuis le premier Figra il y a 23 ans, elle ne raterait le festival pour rien au monde. « Tous les ans, je prends quelques jours de congés, j’abandonne le foyer et je viens voir tous les films de la compétition officielle. On ne peut pas vraiment dire que ce soit pour le « plaisir », car il y a des sujets et des reportages très durs. Mais c’est vraiment passionnant, surtout quand on peut discuter avec les réalisateurs après la projection. À la fin des quatre jours, on se dit qu’on a de la chance de vivre dans une démocratie et on sort d’ici avec de bonnes résolutions. ».
À côté de Frédérique, sa fille Juliette Sailly, infirmière de 22 ans confirme « quand on a goûté au Figra, on ne peut plus s’en passer. Je suis venue pour la première fois il y a 23 ans, dans le ventre de ma mère ! Ensuite, j’ai assisté à des projections plusieurs années de suite, avec le collège et le lycée. Depuis que je travaille, je prends des jours de congés pour suivre la sélection officielle en entier.»

De la petite histoire à la grande Histoire

Habituée elle aussi, Elisabeth Cacheux préfère voir les films sélectionnés pour le prix Terre(s) d’histoire et les Docs en région. « Ce sont souvent des films remarquables. Aujourd’hui j’en ai vu un très intéressant sur les attentats ratés contre Hitler, un autre plutôt optimiste sur l’agriculture et un passionnant sur la IVe République. » Dans la catégorie Terre(s) d’histoire, le prix a été remporté par un film inédit sur « La bataille du charbon » qui retrace la manière dont les mineurs ont relancé l’économie de la France à partir de 1944 jusqu’aux grandes grèves de 1948. « Quand on fait un film, on s’empare d’une histoire, explique Frédéric Brunnquell le réalisateur. Et quand l’histoire est forte, c’est elle qui s’empare de vous. » C’est ce qui s’est passé pour ce film passionnant, c’est également ce qui s’est passé pour le documentaire qui a remporté le grand prix.

L’ordre et la morale à la manière suisse

Après avoir lu une simple brève dans un journal suisse, Bruno Joucla et Romain Rosso ont mené une enquête minutieuse et réalisé un documentaire saisissant sur des pratiques courantes en Suisse entre 1940 et 1980. « Au nom de l’ordre et de la morale », on emprisonnait, sans procès, des hommes ou des femmes jugés « paresseux », on séparerait les enfants de leurs parents pour les placer dans des institutions religieuses redoutables, et on stérilisait des femmes ou des hommes jugés indignes de se reproduire. « On estime que 10 à ou 15 000 personnes ont été victimes de ces pratiques soulignent les réalisateurs, mais la Suisse refuse aujourd’hui encore, de se pencher sur son Histoire ».

Un lieu d’échange pour les professionnels

Parmi les habitués du Figra, on trouve de nombreux professionnels comme Nathalie Leruch, directrice du développement chez Magneto Presse, une société de production de la région parisienne. « Nous avons régulièrement des films sélectionnés. Nous venons à plusieurs, pour soutenir les équipes, rencontrer les chaînes de télévision et les réalisateurs. C’est un métier de plus en plus difficile, beaucoup de petites sociétés ont disparu. Les diffuseurs veulent des projets qui se vendent à l’international. Pour faire confiance à un réalisateur, ils lui demandent d’avoir déjà fait ses preuves. Pour les jeunes, c’est difficile de se lancer. Notre volonté à nous c’est justement de donner une chance à de jeunes talents. »

Une bourse pour les futurs reporters

Pour donner une chance aux jeunes talents, la Région a créé, il y a deux ans, le dispositif "Bourses Reporters Mineurs du Monde qui récompense des étudiants pour un projet de reportage ayant un lien avec la mine. Au total six prix étaient décernés cette année pendant le Figra, pour un montant de 5000 ou 10 000 euros chacun. Parmi les lauréats, Charlotte Belaich et Maïa Boyé qui projettent de se rendre en République Démocratique du Congo. « Nous n’avons pas choisi un pays, mais une thématique, explique Charlotte. Nous voulons savoir comment ça se passe pour les femmes qui travaillent dans les mines. Au Congo il y a une mine de cobalt et de cuivre où de nombreuses femmes travaillent, pour trier et laver le minerai, mais aussi pour creuser au fond ».

Un jury composé de jeunes

Pour quelques jeunes, une autre manière de suivre intensément le Figra, est de faire partie du jury jeunes. Chaque année, 10 lycéens et apprentis sont sélectionnés pour décerner le prix du jury jeunes. Pendant quatre jours, ils suivent l’ensemble de la sélection officielle, au même titre que le jury qui décerne le grand prix. À l’image de Thomas élève de bac professionnel chaudronnerie métallurgie, tous sont unanimes pour dire que « c’est une expérience extraordinaire. Cela nous ouvre les yeux, et surtout cela nous apprend à argumenter, à défendre nos idées en écoutant celles des autres ». Après des discussions animées, à raison de 7 voix contre 3, le jury jeune a décerné son prix au documentaire « Migrants, la solution pacifique », relatant la manière peu banale (et peu glorieuse) dont l’Australie gère ses migrants.
Chaque année, 1200 scolaires participent au Figra avec leur classe. « C’est super intéressant, cela nous ouvre les yeux sur une autre facette du monde, expliquent Laura et Aline, venues de Béthune avec leur classe de 1ère merchandising d’image. Ce sont des sujets sensibles. Nous venons de voir un film sur les femmes qui vivent dans la rue, ça donne envie d’être plus solidaire ».

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