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    Publié le 07/11/2016
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    « La rencontre, c’est le maître-mot du festival »

    entretien avec Eric Miot, directeur de l’Arras film festival

    Pleins phares sur l’Arras film festival, sur les écrans jusqu'au 13 novembre, et son cinéma pas comme les autres. Les thèmes cette année, la sélection des films... Eric Miot, directeur du festival, nous dit tout.

    Quel est le concept de l’Arras film festival ?

    Eric Miot : C’est un événement qui présente de nouveaux films et qui nous fait voyager dans l’histoire du cinéma avec des rétrospectives. La rencontre : c’est le maître mot. Rencontre notamment avec les réalisateurs qui viennent présenter leurs films. Notre objectif est de montrer que le cinéma n’est pas unique, qu’il est un vecteur pour raconter des histoires, faire réfléchir, apprendre des choses, et nous enrichir. Nous proposons un cinéma de divertissement mais aussi un cinéma engagé, ce qui est particulièrement flagrant avec le film Il a déjà tes yeux, une comédie qui évoque un sujet de société : le racisme.

    Quels vont être les thèmes cette année ?

    Le festival est riche en thématiques : 80 films inédits ou en avant-premières seront présentés. Nous ferons un focus sur les nouveaux talents européens, les catégories Découvertes européennes et Visions de l’Est qui nous feront découvrir le meilleur du cinéma d’Europe centrale et orientale. La question de l’Europe est une véritable problématique, comme le montre le film norvégien Bienvenue qui traite du problème des migrants. Le festival du film d’Arras est une porte d’entrée qui met en avant des films qui ont du mal à trouver une place sur le territoire français. Il a un rôle de tête chercheuse, mais nous amène aussi à mieux comprendre l’histoire du cinéma au travers de deux rétrospectives : l’une sur la guerre d’Espagne et l’autre sur les films ayant pour thème l’évasion.

    Comment avez-vous choisi les films ?

    Nous menons un travail de recherche, notamment sur les films européens inédits. Nous participons à des festivals, comme celui de Berlin, ou à des festivals de l’Europe de l’Est. Les distributeurs comme l’UGC ou Pathé nous soumettent également des films.

    Quels vont être les temps forts cette année ?

    Nous aurons droit, tous les soirs, à des soirées de gala. L’un des temps forts sera la présentation du film Carole Matthieu, porté par Isabelle Adjani et produit en région. Ce sera également la masterclass avec le réalisateur Stéphane Brizé, pour lequel il y aura la présence d’un critique qui donnera une vraie leçon de cinéma.

     Comment s’est préparé le festival ?

    200 personnes travaillent sur le festival. Outre les salariés, des bénévoles sont également impliqués dans l’organisation. Des lycéens notamment, comme ceux du lycée Jean-Rostand de Roubaix, gèrent le quotidien du festival.

    Qu’avez-vous prévu pour toucher un public le plus large possible ?

    La programmation est très diversifiée et s’adresse aux cinéphiles comme aux spectateurs plus occasionnels. Chacun peut y trouver son film. Un Festival des enfants sera mis en place avec la projection de films d’animation. Nous avons par ailleurs monté un nouveau dispositif : ciné bambin, qui s’adresse aux plus jeunes, dès 18 mois. Le Festival a aussi des tarifs très accessibles, avec des Pass qui permettent de voir plusieurs films.

    Avez-vous des souvenirs de moments forts lors des dernières éditions ?

    Les moments forts sont souvent là où on ne les attend pas : c’est toute la magie du cinéma. Je pense à la projection du film de Matthieu Kassovitz, L’Ordre et la morale, où les acteurs sont montés sur scène. Ce fut un grand moment d’émotion. Ou lorsque Bertrand Tavernier a présenté devant son maître, Arthur Penn, la masterclass de son film fétiche Georgia.

    En quoi les Hauts-de-France sont une terre de cinéma ? 

    Il y a une volonté politique forte de produire des films en région, notamment avec Pictanovo, qui soutient financièrement chaque année un grand nombre de projets cinématographiques et audiovisuels. Les Hauts-de-France sont riches en décors et ont une diversité à offrir au spectateur. C’est une terre humaine.

    Connaissez-vous le Festival du film d’Amiens, qui démarre bientôt en novembre ?

    Nous sommes sur la même longueur d’ondes. Nous défendons un même type de cinéma, un cinéma d’auteurs qui propose une diversité dans les choix. Les deux événements sont complémentaires, ils présentent un cinéma un peu différent de ce que l’on a l’habitude de voir.

    Pour résumer, quels seront les mots d’ordre du festival ?

    Diversité, bonheur et partage seront les maîtres-mots. Fidélité aussi, nous avons affaire à un public très attaché au festival. 72 % des spectateurs y sont déjà venus !                                                                                                                                                                                

    Pour aller plus loin


    Infos pratiques

    Programme complet sur le site du festival

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