Centenaire 1918-2018

11 novembre 1918 : l'Armistice, mettant fin aux conflits meurtriers de la Première Guerre mondiale, est signé au carrefour de Rethondes, dans la forêt de Compiègne (Oise). Cent ans plus tard, les Hauts-de-France honorent ce jour et rendent hommage à la mémoire des milliers de soldats tombés pour la liberté.


Hauts-de-France, terres de mémoire

Se remémorer le passé pour mieux préparer l'avenir. Parce que le souvenir est une nécessité pour les générations futures, la Région réaffirme sa volonté de développer le tourisme de mémoire à l'échelle de l'ensemble des territoires des Hauts-de-France.

Des plaines du Val de Somme aux anciennes tranchées de Vimy, de Fromelles au chemin des Dames, la violence des conflits des deux guerres mondiales ont profondément marqué les paysages, les populations et la mémoire collective. Sur les anciens champs de bataille, nécropoles militaires, mémoriaux et vestiges sont autant de témoins, poignants et silencieux, des batailles armées passées.

Aujourd'hui, la Région souhaite tirer parti de ce lourd héritage. Avec l'ensemble des acteurs culturels et universitaires, un vaste travail est entrepris pour honorer les sacrifices des générations disparues, mais aussi valoriser les acquis de la paix, de la liberté et de la fraternité.

Synergie autour du tourisme de mémoire

Aujourd'hui, la Région souhaite aller encore plus loin et encourager une synergie de tous les territoires autour du tourisme de mémoire. Développer cette transmission d'un passé, douloureux mais porteur d'espérance, aux jeunes générations constitue un enjeu civique et pédagogique majeur.

Le tourisme de mémoire, c'est aussi un enjeu culturel, économique et touristique.


Devoir de mémoire : 16 projets déjà soutenus par la Région

Les commémorations du Centenaire rappellent à quel point le devoir de mémoire demeure, dans notre Région, très fort. En juillet 2018, la Région a ainsi décidé de mettre en place une nouvelle politique du devoir de mémoire, notamment pour soutenir des projets associatifs, culturels, et développer le tourisme de mémoire dans les Hauts-de-France.

16 opérations ont déjà été aidées par la Région ! Parmi celles-ci, le projet "Mem Histo", qui a permis la création d’une cartographie connectée et intelligente des musées et lieux d’Histoire et de Mémoire contemporaines des Hauts-de-France, afin de valoriser le tourisme de mémoire auprès du grand public. Cet outil sera accessible en 4 langues : français, anglais, néerlandais et allemand.

Une foule d'animations à soutenir

La Région soutiendra également tout au long de l’année de nombreuses manifestations locales dans l’ensemble des départements : concerts, reconstitutions, rassemblements historiques…

À Ailly-sur-Noye (Somme) la version du centenaire du son et lumière "Le Souffle de la terre", évoquant le retour des "gueules cassées" et le passage vers "les années folles" sera également soutenu par la Région.

Le soutien de ces initiatives met en lumière la volonté forte de la Région d'entretenir et de transmettre aux jeunes générations le devoir mémoire en Hauts-de-France.


Des jardins de la paix pour ne jamais oublier

Réalisés par des artistes originaires des nations qui ont combattu en Hauts-de-France durant la Première Guerre mondiale, 15 "Jardins de la paix" voient le jour à proximité des hauts lieux de souvenir.

Ne jamais oublier. Meurtris au plus profond de chacun de ses territoires par la brutalité des deux guerres mondiales, les Hauts-de-France ont choisi d’affirmer leur résilience et le devoir de mémoire dans l’art paysager.

La Région a ainsi demandé à des artistes contemporains originaires de toutes les nations qui y ont combattu en 1914-1918 de réaliser 15 "Jardins de la paix", à proximité des grands lieux de souvenir.

Une nouvelle approche du devoir de mémoire

Une belle idée qui, mêlant intimement art, histoire, culture, environnement, architecture et écosystèmes, projette le devoir de mémoire dans une perspective contemporaine fondée sur des valeurs positives et humanistes.

Le projet s’insère par ailleurs dans une démarche plus globale pour le tourisme de mémoire en créant un nouveau circuit mémoriel même d’intéresser les nouvelles générations en marge des hauts lieux existants.

Où se recueillir sur les Jardins de la paix ?

  • à Fromelles : jardin australien, réalisation courant 2019
  • au Quesnoy : jardin néo-zélandais, jardin portugais et jardin belge
  • à Vimy : jardin canadien
  • à Notre-Dame-de-Lorette : jardin français
  • à Neuville-Saint-Vaast : jardin tchèque et slovaque, réalisation 2018 et 2019
  • à Arras : jardin écossais
  • à Thiepval : jardin anglais et jardin gallois
  • à Péronne : jardin irlandais
  • à Craonne, sur le Chemin des dames : jardin allemand, jardin italien, jardin marocain
  • à la Clairière de l’Armistice en forêt de Compiègne : jardin franco-allemand
  • à Passchendaele en Belgique : jardin français, réalisation 2018 et 2019

Centenaire 14-18 : à Herlies, nous ne vous oublierons pas

L'année 2018 marque le centenaire de la fin d'un cauchemar qui a duré quatre ans. Partout dans la région, des commémorations se déroulent pour transmettre aux générations actuelles le souvenir de ceux qui se sont battus et sont morts ici. À Herlies (59), quelque 500 personnes ont assisté le 20 octobre 2018 à l'inauguration d'un mémorial en souvenir des combattants de la bataille du Pilly.

De 1914 à 1918, des centaines de milliers de soldats de toutes les nationalités sont tombés au combat dans les Hauts-de-France. Notre région a été le théâtre de nombreuses batailles et de nombreux lieux de mémoire retracent cette histoire : Centre d'interprétation de Thiepval (80), musée de la bataille de Fromelles (59), Chemin des Dames (02), Historial de la Grande Guerre (80), musée Territoire 14-18 (60), Mémorial canadien de Vimy (62) ou Anneau de la mémoire d'Ablain Saint Nazaire… Tous témoignent de la volonté de se souvenir de la guerre comme des combattants qui y ont laissé la vie.

Rendre hommage aux aïeux

À Herlies (59), on a retrouvé la mémoire il y a quatre ans : une bataille oubliée des 18, 19 et 20 octobre 1914 dans le hameau du Pilly. Lors de cette bataille, le Second bataillon du Royal Irish Regiment a été décimé en tentant de reprendre le village aux Allemands. À ce jour, au moins 158 soldats irlandais sont toujours portés disparus et reposent probablement encore dans la plaine des Weppes.
Pour que plus jamais, on n'oublie leur sacrifice, la ville a érigé un monument commémoratif, inauguré lors d'une cérémonie émouvante et ensoleillée le 20 octobre 2018, en présence de Patricia O'Brien, ambassadrice d'Irlande, venue saluer la mémoire de ces "garçons, excités par la guerre et terrifiés par la bataille" et d'une soixantaine de citoyens irlandais présents pour rendre hommage à un grand-père ou à un grand-oncle.
"Quelque part, au Pilly, vous avez gagné la plus grande bataille de l'histoire et sauvé la cause la plus sacrée : la liberté du monde. Mady Dorchies-Brillon, conseillère régionale déléguée au devoir de mémoire, a ainsi exprimé une pensée émue pour ceux qui ont passé leurs derniers instants loin de leur île, au nom de nationalismes exacerbés."

Les lycéens mobilisés

Pour les aider à mieux comprendre comment se sont déroulés les trois jours de la bataille, une promenade était organisée la veille sur le site. À cette occasion, une classe de lycéens en seconde européenne du lycée Sainte-Marie de Beaucamps-Ligny (59) était mobilisée pour servir d'interprètes. À chaque arrêt, les explications d'Yvon Papeghin, président de l'association HerlieS'torique, sont traduites en anglais pour les visiteurs irlandais et celles de Michael Desmond, historien irlandais, traduites en français pour les locaux.

"Nous avons étudié la Première Guerre mondiale en cours, explique Marine, 15 ans. Nous avons écrit des lettres et des poèmes sur la bataille. On n'en avait jamais entendu parler mais le fait que cela se soit passé ici nous touche particulièrement : ce sont des endroits que l'on connaît, où l'on marche tous les jours ! C'est étrange que l'on connaisse si peu cette histoire alors qu'elle est assez importante aux yeux des Irlandais pour qu'ils aient fait le chemin jusqu'ici…"

"Mon grand-père a combattu ici"

Sur le parcours de mémoire de la bataille, Gerry Gaule et sa femme Pauline O'Keefe écoutent le guide et scrutent les champs où se tenaient leurs aïeux un siècle plus tôt. "Mon grand-père a combattu ici, raconte Pauline, 56 ans, venue de Kilkenny. Avec mon frère nous avons très longtemps cherché où se trouvait le champ de bataille et nous l'avons trouvé en 2003 : à l'époque, personne ne se souvenait de la bataille du Pilly ici en France (aujourd'hui le hameau n'existe plus, mais a donné son nom à une rue d'Herlies. NDLR). J'ai alors fait une promesse à mon grand-père : je reviendrai et on se souviendrait de tous ces soldats, des survivants comme des morts, même s'ils n'ont pas de sépulture. En voyant ce beau monument aujourd'hui, je suis très émue et si heureuse de tenir ma promesse !"


Se souvenir, un devoir pour les Hauts-de-France

À l'heure du Centenaire de l'Armistice de la Grande Guerre, la Région met en place une politique dédiée au devoir de mémoire.

Les Hauts-de-France ont été profondément marqués par les deux guerres mondiales. De la Grande Guerre, il reste aujourd’hui des mémoriaux, des cimetières, des musées, autant de lieux de mémoire où rendre hommage à tous ceux qui ont combattu. La commémoration du Centenaire et les circuits du Souvenir rappellent à quel point notre région a payé un lourd tribut au cours de ces conflits dévastateurs, mais aussi à quel point notre devoir de mémoire reste ancré dans l’identité des Hauts-de-France, plus d’un siècle après.

En 2018, année du centenaire de l'armistice de la Grande guerre, les Hauts-de-France veulent porter et incarner des valeurs de paix, de réconciliation et de liberté. La mise en place d’une politique dédiée au devoir de mémoire a vocation à l’entretenir et le faire perdurer, et renforcer l’activité du tourisme de mémoire.

Soutenir les projets de visite

La Région soutient les projets de visite des sites de mémoire des Hauts-de-France qui ont pour objectif de :

  • rendre hommage à ceux qui nous ont précédés
  • expliquer, donner du sens pour mieux préparer l'avenir
  • susciter l'émotion pour raviver la flamme du souvenir
  • accompagner le visiteur pour qu'il soit acteur des événements

Sensibiliser les jeunes

Cette politique régionale consacrée au devoir de mémoire repose notamment sur la sensibilisation des plus jeunes générations. La Région souhaite encourager les lycéens à se mobiliser dans la perspective des cérémonies de commémoration du 11 novembre 2018.

Il s'agit également de favoriser l'émergence de projets culturels de territoire et d'encourager les événements sportifs sensibilisant au devoir de mémoire.

Enjeu économique et rayonnement international

Le tourisme de mémoire représente aussi un véritable enjeu économique pour notre région. Avec les commémorations du centenaire de la Grande guerre, les Hauts-de-France ont vocation à devenir une destination internationale de tourisme de mémoire.

 "Les sites de mémoire de la Grande guerre en Hauts-de-France parlent au monde. Il y a un véritable potentiel d'attractivité pour notre région, confirme Mady Dorchies-Brillon, conseillère régionale en charge du devoir de mémoire. Au-delà de 2018, il s'agit de faire perdurer ce travail de mémoire, forger et transmettre cette histoire en s'appuyant sur notre jeunesse."

 


« Victoires du Paysage » : la Région récompensée pour l’Anneau de la Mémoire

A Ablain-Saint-Nazaire (62), les jardins de l'Anneau de la Mémoire ont été récompensés par un prix national : la "Victoire du Paysage", en tant que Prix spécial Mémoire.

Le jardin du Mémorial international Notre-Dame-de-Lorette, où se trouve l’Anneau de la Mémoire, vient de recevoir une "Victoire du Paysage". Ce prestigieux prix international récompense chaque année les collectivités, les entreprises et les particuliers pour leurs créations et aménagements paysagers. Le jury du concours, qui a remis pour le jardin un "Prix spécial Mémoire" a salué "un projet de grand paysage au service de l’histoire et du devoir de mémoire".

Réunir nature, paysage, art et histoire

Réalisé par le paysagiste David Besson-Girard, ce jardin fait partie intégrante du Mémorial et de l’Anneau, conçus par l’architecte Philippe Prost, où  se réunissent la nature, le paysage, l'art et l'histoire au service de la mémoire.  Le jardin paysager aujourd’hui récompensé forme ainsi un véritable écrin naturel à la gigantesque ellipse posée en équilibre, rappelant la fragilité de la paix.

Inauguré le 11 novembre 2014, le Mémorial de Notre-Dame-de-Lorette a déjà reçu de nombreuses récompenses, dont le prix de l’American Concrete Institute, et l’Équerre d’argent, décernée par le Moniteur._dsc0973-1


À Villers-Bretonneux, la mémoire des soldats australiens honorée

Que leur sacrifice ne soit pas vain et que leur combat perdure à travers les âges, dans les Hauts-de-France et au-delà. À Villers-Bretonneux (80), le tout nouveau Centre d’interprétation Sir John Monash honore la mémoire des soldats australiens morts pour la liberté.

Ils étaient plusieurs milliers à venir du bout du monde. 42 000 d’entre eux, tous soldats, sont tombés au front, pour leur nation. Cent ans après leur sacrifice, l’Australie rend hommage à ces hommes qui ont donné leur vie pour grossir les rangs des forces alliées et arracher la victoire lors de la Première Guerre mondiale, entre 1916 et 1918. Tous sont honorés, au Mémorial australien de Villers-Bretonneux, dans le tout nouveau Centre d’interprétation Sir John Monash.

Sir John Monash

Sir John Monash

Australian and New Zealand Army Corps

23 juillet 1916 : les forces de l'Australian and New Zealand Army Corps (ANZAC) se lancent dans la sanglante bataille de la Somme, à Pozières. Près de deux ans plus tard, le 24 avril 1918, les militaires de l’ANZAC sont de nouveau en première ligne pour faire face à l’offensive de l’armée allemande, à Villers-Bretonneux. Les soldats du bout du monde multiplient les actes d’héroïsme pour repousser l’ennemi, acculé, qui demandera quelques mois plus tard l’Armistice. Les "Aussies" marchent et tombent sous les ordres d’un futur héros national : John Monash.

Un siècle plus tard, le sacrifice des soldats australiens est honoré par l’Australie, sur les hauteurs de Villers-Bretonneux. Ici a été construit dans les années 1920 un imposant monument, l’un des derniers mémoriaux de l’Empire britannique et du Commonwealth bâtis en France. Habillé de pierre blanche et de brique, ce mémorial - le mémorial national australien de Villers-Bretonneux - est constitué d’une tour centrale et d’un couple de bâtiments dont les murs sont ornés des noms des soldats australiens morts pour la France. Ce lieu de pèlerinage pour des centaines de familles australiennes et néo-zélandaises accueille aujourd’hui un lieu d’exception : le Centre d’interprétation Sir John Monash.

Architecture australienne, mémoire internationale

1 000 m², pour une immersion dans l’Histoire. Le Centre d’interprétation Sir John Monash est appelé à accueillir les Australiens venus honorer la mémoire de leurs compatriotes tombés pour leur pays. A travers les différentes salles d’exposition et à l’aide de nombreuses expériences multimédia, le visiteur est plongé dans l’univers du front occidental.

Le Centre Sir John Monash est établi sur le site du Mémorial national australien et adjacent au cimetière militaire de Villers-Bretonneux. Intégralement financé par l'Australie, fidèle à la mémoire de ses soldats et partenaire historique des Hauts-de-France, ce centre a été réalisé par le cabinet d’architecture Cox Architecture. Inauguré en avril 2018, à l'occasion de l'ANZAC Day (célébré chaque année dans le monde entier et en Hauts-de-France, notamment), ce mémorial est une étape majeure du Chemin de Mémoire australien en France.


À Herlies, les soldats tombés en 1914 se relèvent

Pour le centenaire de l'armistice, de nombreux événements sont organisés cette année dans les Hauts-de-France, région durement marquée par la Première Guerre mondiale. Dans le Nord, le village d'Herlies inaugurera le 20 octobre 2018 un monument à la mémoire de tous les combattants qui ont perdu la vie lors de la Bataille du Pilly en 1914.

Depuis quelques jours, trois stèles se dressent dans la plaine des Weppes. Trois monolithes de pierre bleue de Soignies (59) mesurant deux mètres de haut et pesant chacune deux tonnes. Trois pierres comme les trois jours de la bataille qui s'est déroulée ici en 1914, mais sortie des mémoires pendant près d'un siècle.

Les 18, 19 et 20 octobre 1914, juste avant que les tranchées ne dessinent un front immobile pour les quatre années à venir, le Second bataillon du Royal Irish Regiment est appelé en renfort des Français pour reprendre le hameau du Pilly (aujourd'hui, une rue d'Herlies) aux Allemands. Au cours de cette bataille, 158 soldats irlandais tombent dans la plaine sous le feu de l'ennemi, qui connaît lui aussi de nombreuses pertes.

Retrouver la mémoire

Ce n'est cependant qu'en 2014 que le village découvre cette bataille. "On savait bien-sûr qu'Herlies avait été durement touché pendant la guerre, raconte Marie-Françoise Auger, maire du village. Il était donc naturel de commémorer notre histoire lors du centenaire de 14-18, mais personne ne s'attendait à ça !" Pour l'occasion, des habitants passionnés se réunissent pour retrouver la mémoire des événements qui se sont déroulés dans le village.

"Quand on cherche, on trouve ! plaisante Yvon Papeghin, président de l'association HerlieS'torique. Un ancien du village a appris qu'il s'était passé quelque chose au Pilly, mais on ne savait pas quoi…" C'est grâce au dessin d'un correspondant de guerre que l'équipe découvre que des soldats allemands avaient mené dans le village une attaque contre des Britanniques. "On a donc poursuivi nos recherches en langue anglaise et c'est comme cela que l'on a rencontré Michael Desmond, historien irlandais, spécialiste du Royal Irish Regiment et de la Bataille du Pilly." Le samedi 25 octobre 2014, cent ans après les faits, le conférencier est invité dans le village pour détailler aux habitants cette page de leur histoire oubliée.

 "Penser" la blessure

Pour rendre hommage aux soldats tombés en 1914, la municipalité a décidé la construction d'un monument hors du commun inspiré d'une œuvre de Virginie Gallois, artiste plasticienne originaire de Lille. En 2014, celle-ci démarre une collaboration avec le photographe Laurent Mayeux à l'occasion du centenaire de la Guerre 14-18 : LaLigne14-18. "Le projet de Laurent portait sur la ligne de front et les paysages qu'auraient pu voir les soldats à l'époque. À ses photographies en noir et blanc horizontales, répondaient les silhouettes verticales de soldats colorés, peints à l'encre et à l'acrylique".

Les soldats de Virginie Gallois ont plusieurs particularités, notamment celle d'avoir le visage recouvert d'une bande de gaze : un pansement qui les rend universels, et qui est aussi une métaphore de la pensée, d'où le titre de son travail : "penser" la blessure. "L'idée est de soigner, d'essayer de réparer après une telle catastrophe avec l'espoir que cela ne se reproduise pas", poursuit l'artiste.

"Se souvenir du sacrifice de tous ces gens"

Frédéric Cassarano est artisan tailleur de pierre et sculpteur depuis près de vingt ans. C'est lui qui a été choisi pour réaliser le mémorial : "il est important de se souvenir du sacrifice de tous ces gens qui sont morts pour nous. À chaque fois que je travaille sur un monument de mémoire, je ressens cette même émotion, ce même respect."

La stèle centrale qui recueille le message est entourée de deux silhouettes des soldats de Virginie Gallois. Ils ont été sculptés selon la technique du méplat, c'est-à-dire sans volume et les différentes finitions sur la pierre bleue leur confère des teintes diverses "que l'on n'obtient avec aucune autre pierre", détaille le sculpteur.

"Il faut aller plus loin"

"Des soldats sont tombés ici même et ont disparu dans le paysage il y a 100 ans, raconte Yvon Papeghin. Aujourd'hui, avec ces stèles, ils se relèvent, cela symbolise la mémoire retrouvée." Une symbolique particulièrement importante pour les descendants des soldats qui ont perdu la vie dans la plaine : "les soldats sculptés sont universels, on ne peut pas identifier leur nationalité et on retrouve ce voile de gaze qui cache leurs yeux et invite le visiteur à "penser" la blessure de la Guerre."

Le 20 octobre 2018, le mémorial sera officiellement inauguré : "cette commémoration est importante bien-sûr, mais ce n'est plus suffisant, conclut Marie-Françoise Auger, maire d'Herlies. Sur les 158 soldats irlandais tombés ici, seuls 13 ont une tombe connue, les autres sont "portés disparus" et reposent peut-être dans la plaine du Pilly, même si c'est difficile à imaginer… Il faut aller plus loin, on a besoin de moyens pour faire des recherches, les familles devraient pouvoir se recueillir sur la sépulture de leurs défunts."


Mémoires de la Grande guerre

Les chemins d'écrivains en guerre, une nouvelle application mobile

Dans le cadre du centenaire de la Première guerre mondiale, l’Historial de la Grande guerre de Péronne (80) a lancé une application mobile "Les chemins d’écrivains en guerre" pour découvrir les sites et les paysages au fil de textes d’auteurs qui ont vécu le conflit.

L’application propose un premier parcours entre Amiens et Péronne, en passant par Albert et Thiepval. Elle couvrira prochainement l’ensemble des Hauts-de-France ,avec plusieurs parcours possibles. La région a particulièrement été touchée par la Grande guerre. C’est pourquoi le tourisme de mémoire y est très répandu.

Plus de 30 auteurs de toutes nationalités

Cette application gratuite valorise une trentaine d’auteurs germanophones, anglophones, francophones qui ont écrit tout au long du conflit. Parmi eux, le poète britannique Wilfried Owen, l’écrivain allemand Ernst Jünger ou encore le français Jean Cocteau. "Au début de la guerre, les textes sont très patriotiques, puis très vite on trouve des sentiments de protestation, de peur et d’horreur", explique Lucie Balin, responsable du projet à l’Historial de la Grande guerre.

Cette application gratuite et disponible sur les smartphones existe en plusieurs langues. En voiture ou en vélo, vous suivez les indications sur votre téléphone à la manière d’un GPS. À chaque étape, vous pouvez écouter des textes écrits par des écrivains pendant la guerre. "L’histoire de la Première guerre mondiale est un sujet particulier, pas toujours facile à aborder, raconte Lucie Balin. Avec cette application, on souhaite passer par les émotions. On espère ainsi attirer des amateurs de littérature et des groupes scolaires."

 

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