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Publié le 22/06/2017

Carrossier, un métier qui recrute

Dans le Valenciennois (59), les métiers de l'automobile cherchent leurs salariés. Les entreprises n'arrivent pas à recruter, alors que les formations existent !

Selon une enquête de Pôle emploi, près de 2 millions de projets de recrutement sont envisagés pour l'année 2017, soit une hausse de plus de 8 % par rapport à 2016. Et le secteur de la réparation automobile est l'un de ceux qui progressent le plus (+ 7,2 points).

À la carrosserie Jativa à Fresnes-sur Escaut (59), on recherche un peintre en carrosserie depuis janvier. "En ce moment c'est de la folie ! Nous sommes débordés de boulot, constate Stéphanie Jativa, la gérante. On a un vrai besoin de personnel. Mais je ne trouve pas et du coup, je dois refuser des clients  car je ne peux pas leur donner de rendez-vous avant la mi-août." Grâce à Proch'Emploi, elle a finalement trouvé une personne formée, qui prendra son poste en août. Deux autres postes sont encore à pourvoir.

Problème d'image ?

Intitulé du poste : carrossier. Une profession artisanale qui réclame un vrai savoir-faire. Laurent Loyer, carrossier depuis plus de 25 ans, ne comprend pas pourquoi le métier n'attire pas. "C'est valorisant de réparer des voitures accidentées", reconnaît-il. "Selon moi, c'est un problème d'image. On a dévalorisé les métiers manuels", estime Stéphanie Jativa.

À la plateforme Proch'Emploi de Valenciennes, on n'explique pas cette situation. "On constate une pénurie dans le Valenciennois concernant les métiers de l'automobile comme peintre en carrosserie ou mécanicien, confirme Mélissa Gréco, chargée de mission à la plateforme Proch'Emploi. Et pourtant, on a les formations sur le territoire."

Rapprocher formation et entreprises

Le lycée du Hainaut à Valenciennes forme 45 carrossiers par an, en CAP réparation des carrosseries et en Bac pro maintenance en carrosserie. Pour Patrick Chartin, proviseur du lycée : "il faut que les entreprises viennent vers nous, et inversement, pour que nous puissions nous comprendre. Nous allons voir les carrossiers dans leurs garages : l'accueil des artisans est bon, mais nous rencontrons des difficultés pour trouver des lieux d'apprentissage. Comme si les entreprises refusaient de franchir le pas de l'apprentissage."

Patrick Chartin reconnaît que le référentiel métier de ces formations ne correspond pas complètement aux attentes des entreprises. "L'Anfa (Association nationale pour la formation automobile) m'a fait prendre conscience que notre formation 'Réparation de carrosserie' ne mettait pas assez l'accent sur la peinture. C'est pourquoi j'ai sollicité la Région pour l'ouverture, à la rentrée prochaine, d'une formation complémentaire en peinture à effectuer après le Bac pro. C'est l'un de mes objectifs : travailler au rapprochement de l'entreprise et de la formation et le campus des métiers du ferroviaire et de l'automobile est un outil supplémentaire pour y arriver."

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