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Publié le 30/10/2018

Alicia Mayeuf-Louchart, récompensée pour ses travaux sur les cellules souches

Post-doctorante à l'Université de Lille, Alicia Mayeuf-Louchart a reçu un prix de la Fondation L'Oréal/Unesco pour ses travaux sur la médecine régénérative des cellules musculaires à l'Institut Pasteur de Lille.

Alicia, quel est votre parcours ?

"Je suis originaire d'Isbergues (62), j'ai 32 ans. Après le bac, j'ai suivi une licence à Lille I en biologie. J'ai continué avec un Master spécialisé sur les cellules souches à Paris 7, puis une thèse en lien avec cette thématique à l'Institut Pasteur de Paris. Je suis revenue en Hauts-de-France en 2014 pour apporter mon expertise dans une équipe de l'EGID (l'Institut européen de génomique du diabète), au sein de l'unité mixte du professeur Bart Staels."

La Fondation L'Oréal/Unesco vous a remis un prix pour ce travail de recherche. Qu'est-ce que ça représente pour vous ?

"Ce prix au mérite donne de la visibilité à notre action en mettant à l'honneur des jeunes femmes au début de leur carrière. C'est important. Il ne s'agit pas d'une question de féminisme, mais il faut admettre qu'aux postes importants, les femmes sont largement moins présentes.

C'est aussi un tremplin pour mettre en lumière nos travaux. Avec ce prix, je vais notamment pouvoir financer ma participation à des grands colloques et nourrir des collaborations internationales."

Vos travaux justement portent sur la chronobiologie des cellules souches au service de la fonction musculaire... Ce qui veut dire ?

"Je travaille sur le lien entre l'horloge biologique et son impact sur le métabolisme. Dans la vie, nous avons un rythme sur 24 heures. Les cellules ont elles aussi un rythme, qui est régulé par nos activités, par l'alimentation, etc. Notre travail consiste à comprendre le lien entre les perturbations de cette horloge biologique (des problèmes de sommeil, le décalage horaire, une exposition excessive aux lumières bleues...) qui entraînent des pathologies, comme par exemple le diabète et l'obésité, et la régénération du muscle."

Où en sont les recherches ?

"La chronobiologie est un sujet d'étude encore récent. Nous n'en sommes qu'aux premières expériences. On modifie le schéma pour voir l'impact sur la régénération des cellules souches. Nous savons par exemple que les brûlures de la peau cicatrisent beaucoup mieux lorsqu'elles surviennent de jour plutôt que de nuit. Cet exemple confirme que le travail de nuit est plus perturbant pour l'organisme. On sait aussi que les infirmières de nuit développent notamment davantage de cancers du sein, du fait de leurs horaires décalés."

Quelles perspectives espérer ?

"Il est toujours difficile de se donner des échéances. Le temps de la recherche scientifique est un temps long et les travaux mettent souvent 5 à 10 ans à sortir. Mais on sait que l'utilisation des cellules souches offre des perspectives intéressantes. C'est clairement une thérapie d'avenir, sur laquelle on compte beaucoup. On le voit par exemple dans le cadre de maladies génétiques qui entraînent des myopathies. L'enjeu de la chronobiologie pourra nous permettre d'optimiser encore la régénération musculaire et savoir quand les introduire pour qu'elles soient le plus efficaces possibles. Cela permettra aussi d'améliorer encore nos connaissances pour apporter des éléments de réponse en mode préventif, par exemple dans le cadre de la phase de récupération des sportifs."

C'est dans les Hauts-de-France que ces découvertes pourraient donc se faire ?

"Lille apporte une grosse expertise sur les questions d'ordre métabolique. L'Institut Pasteur est un acteur important, qui a une bonne visibilité même s'il y a de la concurrence à l'échelle internationale. On y travaille !"

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